Ulan Bator ou la capitale la plus moche du monde parait-il. A vrai dire on ne doit pas être loin de la vérité, même si elle remporte ma faveur face à Moscou.
Une ville bordélique, crade et saturée par le bruit des klaxons en journée…
Une ville où des milliers de nomades se sont agglomérés formant ainsi une cité très étendue dont la banlieue s’apparente à un bidonville de yourtes et de maisonnettes aux toits verts, rouges, jaunes, bleus…

On dirait une ville qui a été abandonnée pendant des années et qui vient d’être investie par un million de mongols. Tout est commencé, rien n’est achevé. Difficile de savoir si les travaux que l’on observe ont pour but une démolition ou une construction…
Une jungle urbaine à tous les niveaux.
Etre aux aguets, toujours et pour tout.
D’abord parce qu’il ne fait pas bon être un piéton à UB et encore moins un cycliste. Une circulation routière anarchique. Des voitures dans tous les sens. Un code de la route existe-t-il dans ce pays ? J’en doute…
Impossible de traverser les passages piétons alors que l’on est prioritaire sans risquer de se faire écraser !!!
Puis parce que les pickpockets sont partout. A l’affût de la moindre poche à explorer, de la moindre fermeture à ouvrir. Des gamins organisés qui plus est !! J’ai 5 ans, je fais diversion en te quémandant de l’argent pendant que derrière toi un autre, à peine plus âgé, tente d’ouvrir ton sac à dos… Et là encore c’est la version soft.
Au « black market » de Narantuul, c’est au cutter que les pickpockets s’attaquent aux poches fermées des touristes…
C’est dommage, ce marché qui est à Ulan Bator ce qu’Ikea est à la Suède vaut vraiment le détour. On y trouve absolument tout, et à des prix défiants toute concurrence !!! Le genre de marché où il pourrait faire bon déambuler des heures durant. Seulement voilà, c’est le stress permanent. Tu passes plus de temps à surveiller ton sac à dos et tes poches qu’à profiter du spectacle… Y aller les poches vides, un point c’est tout.
Le pire, c’est qu’à part ce black market, il n’y a pas grand-chose à voir ni à faire à UB. On en a même était réduit avec Ninon à aller au cinéma. Un petit film mongol histoire de rigoler un coup. Et bah attention à la méchante claque que tu te prends ! C’est comme si tu allais voir Plus Belle La Vie au cinéma… Un budget sensiblement équivalent, des jeux d’acteurs improbables… Une série B sur grand écran quoi !!!
Pour se consoler, il reste les restos où l’on mange bien, en quantité et pour pas cher.
Un bon resto à UB, c’est entre 8000 et 10000 T (tögrög) soit pas plus de 5 euros.
Perso, je kiffais aller dans les guanz, sorte de cantine où la nourriture typiquement mongole est presque exclusivement composée de buuz (ravioli vapeur de mouton) ou de huushuur (beignet de mouton). Un bon repas pour moins de 2 euros !!!
D’un point de vue Mongol, la Mongolie c’est aussi avant tout Chinggis Khaan, le célèbre empereur qui fonda l’empire mongol au 13e siècle et dont les conquêtes eurasiennes ont marqué à jamais l’histoire du pays. Chinggis khaan, véritable héros national, est ici décliné à toutes les sauces : vodka, tee-shirt à son effigie, aéroport, bars et hôtels portant son nom, monnaie, timbres, statues…
C’est un peu comme si en France on faisait une fixette sur Napoléon…Je ne conçois même pas.
Mais là n’est pas le sujet. A peine arrivés à UB, nous avons rapidement envisagé de quitter la ville pour partir à la découverte du pays. On a tout d’abord oublié l’option « cheval » vu la taille du pays et le temps qui nous était imparti. Ensuite, logistiquement parlant, il nous a semblé un peu difficile de partir seuls à la découverte de la Mongolie étant donné le prix de revient d’une telle entreprise. Et puis soyons honnête, sans un minimum de connaissance en mécanique, partir avec un 4×4 relève de l’inconscience vu l’état des pistes et la probabilité de croiser quelqu’un apte à vous dépanner. Enfin aller à la rencontre des familles nomades lorsqu’on ne parle pas mongol n’est pas chose aisée.
Alors oui c’est avec regret que nous avons été contraints de prendre un tour organisé avec l’auberge de jeunesse où nous résidions. Rétrospectivement, je confirme qu’il s’agit là d’une solution économique et efficace pour découvrir un pays en un minimum de temps. Mais bon c’est vraiment pas notre truc. Trop de contraintes. Pas le temps de profiter de l’instant, de rien.
On s’en doutait, maintenant on sait.
Nous voilà donc partis pour 2 semaines de road trip (enfin de trail trip !!) en compagnie de :
Jerry & Floor, un couple hollandais super sympa
Erin & Kerry, 2 américaines top cliché
Baska, notre guide, interprète et chef cuisto
Ultzi, notre chauffeur-mécano.

De haut en bas et de gauche à droite : Ninon, Ultzi, Baska, Erin, Kerry, Jerry & Floor.
Direction le désert de Gobi et le parc national de Gurvan Saykhan, avant de remonter vers le centre du pays pour y visiter la région des 8 lacs (réserve naturelle de Naiman Nuur) et celle des chutes de l’Orkhon.



Ma petite touche de landart:





























Les Ovöo (ci-dessus) sont des amas de cailloux et d’objets divers (bouteilles de vodka, argent, animaux …) situés généralement sur des points culminants ou au niveau d’endroits sacrés. Offrandes aux esprits, les ovöo témoignent des croyances animistes des Mongols.
A l’exception d’une nuit sous tente, nous avons logé chaque soir chez des familles nomades.
Et pas n’importe lesquelles, chez la famille ou des amis des membres de l’auberge de jeunesse qui organisait le séjour. En gros des familles payées pour nous accueillir et, qui plus est, habituées à recevoir des touristes… Paye ton authenticité !!!
Enfin bref, on aurait pu s’attendre à ce qu’ils en fassent trop avec nous, que leur accueil soit surfait, et bien non !!! Tellement blasées de voir des étrangers que c’était le contraire !!! Globalement le minimum syndical : un petit thé au lait à l’arrivée et avant le départ le lendemain matin, et basta…
Hormis 2 familles avec lesquelles nous avons passé la soirée, le reste du temps, aucun échange. Nous étions cantonnés à rester dans notre yourte d’accueil ou à nous promener aux alentours en attendant sagement que Baska nous prépare à manger…
Certains diront que c’est pas plus mal vu ce que les familles t’offrent à boire et à manger. En effet, l’essentiel de l’alimentation est ici fourni par les 5 museaux (chameau, yak, mouton, chèvre et cheval). Outre la viande de mouton bouillie, la base de l’alimentation des familles nomades repose sur les produits laitiers. Thé au lait salé (de yak, de chèvre, de jument, et le plus fort en goût celui de chamelle !!!), orom (fait à partir de la crème qui se forme à la surface du lait bouilli), tarag (sorte de yaourt-faisselle), airag (lait de jument fermenté et légèrement alcoolisé).
Pour certains de ces produits, il faut avoir l’estomac bien accroché. En bon normand, j’avoue les avoir appréciés mais j’ai dû renoncer à terminer le morceau d’aaruul (fromage séché au soleil) qui m’a été une fois offert. Une sorte de fromage aussi dur qu’un caillou, que l’on doit râper avec ses dents. Une fois en bouche, toute l’acidité et l’aigreur de l’aaruul se libère. Dur dur…
Vivre en yourte ça a aussi des côtés super funs :
D’abord c’est grave chaleureux et le poêle au centre de l’édifice contribue grandement à la convivialité ambiante.
Puis quel est à votre avis l’origine du combustible des poêles des familles nomades vivant dans le désert de Gobi ?? Un combustible 100% naturel et présent en abondance, j’ai nommé les merdes séchées des 5 museaux !!!
Pour rester dans le scato, il faut savoir que chez la plupart des familles nomades on fait son caca en pleine nature, et ça c’est le pied !!
Chez d’autres, un petit cabanon, bien souvent sans porte, fait office de toilette sèche. Là aussi il est fort agréable de chier sans être vu, avec vue sur le paysage…
Sinon on a aussi eu le droit à nos ptites ballades à cheval et à chameau:

Bon au final, malgré la déception des « rencontres nomades » et celle liée au manque de liberté intrinsèque au tour organisé, on aura quand même vu de bien jolis paysages, côtoyé un mode vie atypique et découvert un pays où il ferait bon revenir passer plus de temps.
Quelques Mongols chez lesquels nous avons été accueillis:





Au fait, des nouvelles de Marge:

Enfin en cadeau, pour ceux qui en auront le courage, voici 2 des 10 morceaux de musique que Ultzi & Baska faisaient tourner en boucle dans le van… Du son mongol pour tes oreilles!!!:
http://www.youtube.com/watch?v=XqK1B2VIRf8&feature=related
http://www.youtube.com/watch?v=PTqCmKSJD0M&feature=related
C’est dur au début, faut se faire violence à l’ouïe, mais à la longue ça reste dans le crâne…
Bisous les gens
manu

Oi Senhor!
Je viens juste de reprendre le fil de tes péripéties… et j’en prends plein la tronche ! Magnifiques écritures et photos, de quoi me faire voyager tranquillement assis avec un verre de whisky au coin de la cheminée.
Enjoy and take care my friend!
Steve
chouette que tu soiq tombé sur bashka, s est elle souvenue de minitu?
et oui je comprend tout a fait tes petites reflexions juste et legitime sur le blachk market ou le sejour organise !!mais je crois que la mongolie est un pays que l on decouvre avec le temps et a pied ou a cheval ou encore en canot…et là, la magie de la rencontre parfois…mais il faut aussi savoir la provoqué meme dans des contexte tres organisé…
des grosse bises
Toujours aussi classes tes tofs !