Vestfirđir

Après le sud de l’Islande, direction les fjords du nord-ouest de l’île (Vestfirđir).

Mon objectif : randonner le long des plus hautes falaises à oiseaux de l’Atlantique nord pour y rencontrer macareux moines, sternes arctiques, guillemots et autres piafs… mais aussi tenter d’apercevoir le renard arctique.

J’attaque d’abord par la région d’Hornstrandir qui fut désertée vers 1950 à cause de son isolement et des conditions très difficiles qui y règnent. Toute la péninsule forme maintenant une grande réserve naturelle où l’on ne peut accéder que par bateau ou à pied. C’est donc d’Isafjörđur, petit port de pêche, que je pars en bateau pour rejoindre Hornstandir au niveau d’Heysteri.

Isafjörđur:

Un bivouac à proximité d’un petit cimetière avec vue sur le fjord et c’est parti pour une semaine de trekking dans cette région aux falaises gigantesques, escarpées et peuplées d’oiseaux…

Heysteri:

Très rapidement, le charme opère. D’abord parce que les fjords sont magnifiques, l’air pur et la rando plus qu’agréable dans cette nature belle et vigoureuse, mais aussi parce que le passage de l’Homme demeure perceptible. Je m’explique.

J’avoue être venu ici parce que ce coin de l’Islande est réputé pour être « unspoiled », mais au final, les traces passées (tombe, poteau électriques, ruines,…) et présentes (bouées de filet de pêche sur les plages) de l’homme ajoutent un charme photogénique tout particulier à Hornstrandir…

…voir une atmosphère apocalyptique, surréaliste parfois…

Ma p’tite vendeuse de glace à Reykajvik m’avait ainsi parlé d’un complexe militaire américain désaffecté situé à l’extrême nord-ouest d’Hornstrandir. Une ancienne base militaire, une verrue dans ce cadre grandiose, mais qui valait le coup d’oeil…

Je me rends donc là bas par un après-midi de brouillard. Le genre de journée où tu pars et où le temps est correct. Puis à force de grimper et de grimper sur les hauteurs tu te retrouves à marcher au milieu des nuages, dans une brume qui te gèle les doigts. Une purée de pois et une visibilité inférieure à 10m. Mais c’est pas grave, j’allais quand même pas me taper 20km aller-retour pour renoncer si près du but.

Et paf soudain, je tombe nez à nez avec un mûr. J’y suis!!! Une série de bâtiments à l’abandon où la rouille se répand comme un lierre… On dirait que la guerre est passée par là. Un bordel sans nom. Des poutres en béton armé qui manquent de s’écrouler sous mon passage… Un lit de verre et de débris. Aveuglé par la blancheur du brouillard, j’erre dans ce désordre rouillé et pourtant si structuré géométriquement…

Voilà l’atmosphère apocalyptique que j’évoquais, mon expérience surréaliste dans une Nature prétendue vierge…

Super souvenir en tout cas.

Après il est clair que la pollution humaine reste ici rare et que des vues imprenables se sont offertes à moi à chaque ascension…

Hornbjarg:

Le kiff ultime ayant été de grimper en haut des falaises de Hornbjarg (plus de 500m de hauteur) pour s’allonger et mater des centaines d’oiseaux en contrebas. Franchement c’est quand même trop fort d’être au dessus des oiseaux en vol !!!

Des surprises aussi, comme celle de voir planer au dessus de moi le pygargue à queue blanche (ou grand aigle de mer) ou de me trouver observé par un jeune renard arctique alors que j’étais en train de pisser…

Ce bon vieux renard arctique, qui trahit sa présence par ses crottes et les plumes abandonnées des oiseaux dont il s’est fait festin…

Autant d’indices qui m’ont permis de remonter jusqu’à certains terriers pour pouvoir « shooter » le seul mammifère sauvage terrestre d’Islande. Chaque traque me permettait au passage de me gaver de myrtilles dont la région regorge !!! Hummm c’esd’un délice !!!

Une fois le terrier repéré, je patientais, appareil photo en main, derrière un rocher ou tapis dans l’herbe espérant que mère renard ou un jeune daigne pointer le bout de son museau…

Au final, pas moins de 5 renards arctiques observés, que se soit par pur hasard au détour d’une vallée ou d’une falaise, ou lors de mes affûts…

J’ai quand même été sacrément verni sur ce coup là…

Et la chance ne m’a pas quitté. Après une semaine dans Hornstrandir, je rencontre au matin de mon retour en bateau, 2 suisse-allemands, Thierry et Connie. Tout deux se dirigent aussi vers Latrabjarg, LA falaise d’Islande où nichent des milliers de macareux moines. Contrairement à moi, ils disposent d’un 4×4 et me proposent de les accompagner !! Pas de longues journées d’attente de bus, impec !!!

En chemin, on s’arrête contempler l’une des plus jolies cascades d’Islande, Dynjandi:

Mais aussi les fameux chevaux islandais, Connie pratiquant l’équitation et adorant les chevaux…

Le cheval islandais est une souche pure qui n’a pas subi de croisement depuis plus de 1000 ans. Ces petits chevaux de selle sont vraisemblablement les descendants directs des montures amenées en bateau par les vikings lors de la colonisation de l’Islande au IXe siècle. Les Islandais sont restés très fiers de leurs chevaux dont ils parlent avec amour, en particulier dans leurs sagas. Alors si vous ne voulez pas vous froisser avec un islandais, n’allez jamais comparer ces chevaux à des poneys, ok !!!

Nous voilà à présent à Latrabjarg. Le temps est tout pourri, il y a un vent à décorner les bœufs. Thierry & Connie m’annoncent qu’un touriste allemand est décédé ici il y a quelques jours en chutant de la falaise alors qu’il prenait les macareux en photos…

Bon bah on va fera gaffe et pi c’est tout…

En même temps, difficile de ne pas être distrait par les macareux moines. Ils sont juste trop trognons ces oiseaux !!! Non sérieusement, ils ne sont pas farouches du tout et sont même plutôt curieux…

Genre ils s’approchent de toi, s’arrêtent à quelques 60cm puis te regardent en inclinant la tête… Hyper expressifs!!!

Franchement, impossible de ne pas craquer. T’as juste envie d’en prendre un et de le trimballer partout avec toi comme tu pourrais avoir un perroquet sur ton épaule !!!

Allez spéciale dédicace à mon p’tit Bus :

Dédicace aussi à Harma, une hollandaise avec qui j’ai marché pendant 3 jours à Hornstrandir:

Elle a bien galéré sur cette photo au milieu des bois flottés pour mener à bien mon petit caprice Minkinennien…

Bon bah voilà c’en est fini des fjords du nord-ouest de l’Islande…

En résumé, si vous viendez en Islande pour pas longtemps, 2 choses à faire obligatoirement : le trek Landmannalaugar-Þorsmörk et Vestfirđir.

Quand on a vu ça, on peut mourir tranquille…

Et surtout n’oubliez jamais de faire gaffe aux sternes arctiques !!! Elles paient pas de mine comme ça, mais quand elles ont décidé de vous prendre comme cible, et bah elles font pas semblant !!!

Pour finir, petit passage par Stykkisholmur :

Et un peu de Reykjavik spirit…

Et une fin de soirée difficile pour un espagnol rencontré au festival Innipukinn:

See u les gens!!!

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2 réponses à Vestfirđir

  1. Kranf dit :

    ça me plaît ces petits renards !

  2. Bonjour,

    Je découvre ton blog via Twitter, et avec beaucoup de plaisir : de très belles photos (et je m’y connais un peu), et une découverte d’un pays splendide à travers des textes plein d’humour ! J’étais en Islande en septembre 2007, et je n’ai regretté qu’une chose : ne pas pouvoir y rester plus longtemps (mais j’enchaînais sur le Groenland, je ne me plains pas).

    J’aime beaucoup la façon dont tu racontes ton aventure, donc je partage tout de suite sur ma page Facebook, pour en faire profiter le plus grand nombre !

    Bonne continuation sur les terres d’Islande.

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