Mongolie

Ulan Bator ou la capitale la plus moche du monde parait-il. A vrai dire on ne doit pas être loin de la vérité, même si elle remporte ma faveur face à Moscou.

Une ville bordélique, crade et saturée par le bruit des klaxons en journée…

Une ville où des milliers de nomades se sont agglomérés formant ainsi une cité très étendue dont la banlieue s’apparente à un bidonville de yourtes et de maisonnettes aux toits verts, rouges, jaunes, bleus…

 

On dirait une ville qui a été abandonnée pendant des années et qui vient d’être investie par un million de mongols. Tout est commencé, rien n’est achevé. Difficile de savoir si les travaux que l’on observe ont pour but une démolition ou une construction…

Une jungle urbaine à tous les niveaux.

Etre aux aguets, toujours et pour tout.

D’abord parce qu’il ne fait pas bon être un piéton à UB et encore moins un cycliste. Une circulation routière anarchique. Des voitures dans tous les sens. Un code de la route existe-t-il dans ce pays ? J’en doute…

Impossible de traverser les passages piétons alors que l’on est prioritaire sans risquer de se faire écraser !!!

Puis parce que les pickpockets sont partout. A l’affût de la moindre poche à explorer, de la moindre fermeture à ouvrir. Des gamins organisés qui plus est !!  J’ai 5 ans, je fais diversion en te quémandant de l’argent pendant que derrière toi un autre, à peine plus âgé, tente d’ouvrir ton sac à dos… Et là encore c’est la version soft.

Au « black market » de Narantuul, c’est au cutter que les pickpockets s’attaquent aux poches fermées des touristes…

C’est dommage, ce marché qui est à Ulan Bator ce qu’Ikea est à la Suède vaut vraiment le détour. On y trouve absolument tout, et à des prix défiants toute concurrence !!! Le genre de marché où il pourrait faire bon déambuler des heures durant. Seulement voilà, c’est le stress permanent. Tu passes plus de temps à surveiller ton sac à dos et tes poches qu’à profiter du spectacle… Y aller les poches vides, un point c’est tout.

Le pire, c’est qu’à part ce black market, il n’y a pas grand-chose à voir ni à faire à UB. On en a même était réduit avec Ninon à aller au cinéma. Un petit film mongol histoire de rigoler un coup. Et bah attention à la méchante claque que tu te prends ! C’est comme si tu allais voir Plus Belle La Vie au cinéma… Un budget sensiblement équivalent, des jeux d’acteurs improbables… Une série B sur grand écran quoi !!!

Pour se consoler, il reste les restos où l’on mange bien, en quantité et pour pas cher.

Un bon resto à UB, c’est entre 8000 et 10000 T (tögrög) soit pas plus de 5 euros.

Perso, je kiffais aller dans les guanz, sorte de cantine où la nourriture typiquement mongole est presque exclusivement composée de buuz (ravioli vapeur de mouton) ou de huushuur (beignet de mouton). Un bon repas pour moins de 2 euros !!!

 

D’un point de vue Mongol, la Mongolie c’est aussi avant tout Chinggis Khaan, le célèbre empereur qui fonda l’empire mongol au 13e siècle et dont les conquêtes eurasiennes ont marqué à jamais l’histoire du pays. Chinggis khaan, véritable héros national, est ici décliné à toutes les sauces : vodka, tee-shirt à son effigie, aéroport, bars et hôtels portant son nom, monnaie, timbres, statues…

C’est un peu comme si en France on faisait une fixette sur Napoléon…Je ne conçois même pas.

 

Mais là n’est pas le sujet. A peine arrivés à UB, nous avons rapidement envisagé de quitter la ville pour partir à la découverte du pays. On a tout d’abord oublié l’option « cheval » vu la taille du pays et le temps qui nous était imparti. Ensuite, logistiquement parlant, il nous a semblé un peu difficile de partir seuls à la découverte de la Mongolie étant donné le prix de revient d’une telle entreprise. Et puis soyons honnête,  sans un minimum de connaissance en mécanique, partir avec un 4×4 relève de l’inconscience vu l’état des pistes et la probabilité de croiser quelqu’un apte à vous dépanner. Enfin aller à la rencontre des familles nomades lorsqu’on ne parle pas mongol n’est pas chose aisée.

Alors oui c’est avec regret que nous avons été contraints de prendre un tour organisé avec l’auberge de jeunesse où nous résidions. Rétrospectivement, je confirme qu’il s’agit là d’une solution économique et efficace pour découvrir un pays en un minimum de temps. Mais bon c’est vraiment pas notre truc. Trop de contraintes. Pas le temps de profiter de l’instant, de rien.

On s’en doutait, maintenant on sait.

 

Nous voilà donc partis pour 2 semaines de road trip (enfin de trail trip !!) en compagnie de :

Jerry & Floor, un couple hollandais super sympa

Erin & Kerry, 2 américaines top cliché

Baska, notre guide, interprète et chef cuisto

Ultzi, notre chauffeur-mécano.

 

De haut en bas et de gauche à droite : Ninon, Ultzi, Baska, Erin, Kerry, Jerry & Floor.

 

Direction le désert de Gobi et le parc national de Gurvan Saykhan, avant de remonter vers le centre du pays pour y visiter la région des 8 lacs (réserve naturelle de Naiman Nuur) et celle des chutes de l’Orkhon.

Ma petite touche de landart:

 

Les Ovöo  (ci-dessus) sont des amas de cailloux et d’objets divers (bouteilles de vodka, argent, animaux …) situés généralement sur des points culminants ou au niveau d’endroits sacrés. Offrandes aux esprits, les ovöo témoignent des croyances animistes des Mongols.

 

A l’exception d’une nuit sous tente, nous avons logé chaque soir chez des familles nomades.

Et pas n’importe lesquelles, chez la famille ou des amis des membres de l’auberge de jeunesse qui organisait le séjour. En gros des familles payées pour nous accueillir et, qui plus est, habituées à recevoir des touristes… Paye ton authenticité !!!

Enfin bref, on aurait pu s’attendre à ce qu’ils en fassent trop avec nous, que leur accueil soit surfait, et bien non !!! Tellement blasées de voir des étrangers que c’était le contraire !!! Globalement le minimum syndical : un petit thé au lait à l’arrivée et avant le départ le lendemain matin, et basta…

Hormis 2 familles avec lesquelles nous avons passé la soirée, le reste du temps, aucun échange. Nous étions cantonnés à rester dans notre yourte d’accueil ou à nous promener aux alentours en attendant sagement que Baska nous prépare à manger…

Certains diront que c’est pas plus mal vu ce que les familles t’offrent à boire et à manger. En effet, l’essentiel de l’alimentation est ici fourni par les 5 museaux (chameau, yak, mouton, chèvre et cheval). Outre la viande de mouton bouillie, la base de l’alimentation des familles nomades repose sur les produits laitiers. Thé au lait salé (de yak, de chèvre, de jument, et le plus fort en goût celui de chamelle !!!), orom (fait à partir de la crème qui se forme à la surface du lait bouilli), tarag (sorte de yaourt-faisselle), airag (lait de jument fermenté et légèrement alcoolisé).

Pour certains de ces produits, il faut avoir l’estomac bien accroché. En bon normand, j’avoue les avoir appréciés mais j’ai dû renoncer à terminer le morceau d’aaruul (fromage séché au soleil) qui m’a été une fois offert. Une sorte de fromage aussi dur qu’un caillou, que l’on doit râper avec ses dents. Une fois en bouche, toute l’acidité et l’aigreur de l’aaruul se libère. Dur dur…

 

Vivre en yourte ça a aussi des côtés super funs :

D’abord c’est grave chaleureux et le poêle au centre de l’édifice contribue grandement à la convivialité ambiante.

Puis quel est à votre avis l’origine du combustible des poêles des familles nomades vivant dans le désert de Gobi ?? Un combustible 100% naturel et présent en abondance, j’ai nommé les merdes séchées des 5 museaux !!!

Pour rester dans le scato, il faut savoir que chez la plupart des familles nomades on fait son caca en pleine nature, et ça c’est le pied !!

Chez d’autres, un petit cabanon, bien souvent sans porte, fait office de toilette sèche. Là aussi il est fort agréable de chier sans être vu, avec vue sur le paysage…

Sinon on a aussi eu le droit à nos ptites ballades à cheval et à chameau:

Bon au final, malgré la déception des « rencontres nomades » et celle liée au manque de liberté intrinsèque au tour organisé, on aura quand même vu de bien jolis paysages, côtoyé un mode vie atypique et découvert un pays où il ferait bon revenir passer plus de temps.

Quelques Mongols chez lesquels nous avons été accueillis:

 

 

Au fait, des nouvelles de Marge:

Enfin en cadeau, pour ceux qui en auront le courage, voici 2 des 10 morceaux de musique que Ultzi & Baska faisaient tourner en boucle dans le van… Du son mongol pour tes oreilles!!!:

http://www.youtube.com/watch?v=XqK1B2VIRf8&feature=related

http://www.youtube.com/watch?v=PTqCmKSJD0M&feature=related

C’est dur au début, faut se faire violence à l’ouïe, mais à la longue ça reste dans le crâne…

Bisous les gens

manu

 

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Le Transsibérien

Le Transsibérien et le Transmongolien, où comment parcourir les 6265km qui séparent Moscou d’Ulan Bator en 6 jours.

Nous décidons de voyager en 3e classe (platskartny). Moins chère que la 1ère (luxe) et la 2nde classe (kupe), cette 3e classe permet surtout de faciliter les rencontres et d’être au plus près de la population russe. Ici aucun compartiment, en avant la promiscuité !!!

Bien sûr, la majorité des russes ne parlent pas l’anglais et encore moins le français. Ne parlant pas non plus la langue de Tolstoï, il nous semblait que les conversations allaient être limitées. C’était malheureusement sans compter sur Boris, un russe mythomane, raciste, boxeur et danseur qui parlait à la fois anglais ET français… Un type insupportable, au melon démesuré, à qui tout est dû mais qui ne doit rien à personne.

Le train quittait à peine la gare de Moscou qu’il nous adressait déjà la parole. Il ne nous lâcha pas la grappe jusqu’à Ulan Ude, son terminus, nous gâchant par la même une bonne partie du voyage.

Au cours du voyage, différentes options pour passer le temps : on peut inlassablement admirer le paysage (forêts de bouleaux, lac Baïkal, les magnifiques couleurs de l’automne, …), tenter une bribe d’échange avec ses voisins, dormir, lire, manger et …boire !!!

Dans ce dernier registre, il y a ceux qui vont régulièrement au samovar pour se faire du thé et ceux qui attendent les arrêts en gare pour se ravitailler en vodka et autres bières…

Certains russes passent ainsi leur temps à picoler et s’offrent ainsi une prodigieuse cuite de plusieurs jours!!! Bière au réveil, vodka pour se réchauffer un peu, puis bière avec le voisin de gauche, puis re bière avec le voisin de droite, puis vodka avec les français pour les mettre à l’épreuve (dommage pour eux, j’ai le gosier en pente), puis bière encore avec les français pour faire passer la vodka…

La journée passe ainsi. Plus ça boit et plus ça parle fort. Plus ça boit et moins les phrases prononcées deviennent compréhensibles… Finalement, plus ça se ressert et moins ça boit parce que ça renverse de plus en plus. Il est alors l’heure d’aller sombrer sur sa couchette, quelques heures pas plus, avant de remettre ça !!!

Dans la catégorie des alcooliques rencontrés, on a ainsi eu affaire à Timor, un roux (un de plus !) au physique néandertalien. Bourré H-24, puant la sueur rance et dégoulinant à souhait et qui n’a pas trouvé mieux à faire que de littéralement s’amouracher de Ninon & moi !!! Et vas y que je tiens la main pour mieux te fixer du regard. Et vas y que je te prends dans mes bras…

Et bien sûr une unique phrase d’anglais à son répertoire : « You’re so beauuuuuuuuutifuuuuuuuuuullllll ».

Il a du nous la répéter autant fois qu’il a bu de gorgée d’alcool au cours du voyage !!!

Enfin wala, pas méchant pour un sou ce Timor, mais un peu « collant ».

Bon hormis ces 2 énergumènes qui nous ont animés notre voyage, le reste a été plutôt calme. On a ainsi pu écouter la musique du poste de nos voisins et se rendre compte que les russes écoutaient de la techno pourave mais aussi de nombreux morceaux français, qu’ils soient d’origine ou repris en russe. Premier dans la liste, Joe le Taxi de Vanessa Paradis. Va savoir…

Ninon au réveil, du haut de sa couchette:

Prendre le transsibérien c’est aussi un bon moyen de manger local. En effet, le train s’arrête régulièrement dans les gares du pays où des paysans attendent sur le quai pour te refourguer leurs marchandises. Au menu : champignons, pain, galette, biscuits, viennoiseries, vodka, bières, cornichons, kéfir de lait et à tester absolument : carpe marinée et omoul fumé (poisson du baïkal) !!!

Pour terminer, petit conseil à tous ceux qui voudraient switcher du transsibérien au transmongolien pour rejoindre Ulan Bator. Arrêtez votre périple en train au niveau d’Ulan Ude et prenez le bus (moins cher et plus rapide) jusqu’à Ulan Bator. En effet, le passage à la frontière est extrêmement long. Nous avons attendu dans le train pratiquement 10h et avons ouïe dire que la fouille des wagons n’est pas toujours des plus cordiales (racket de Kinder Surprise par les douaniers par exemple, si si je vous jure !!!).

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Moscou

Une ville on ne peut plus décevante… Je serai donc bref a son sujet.

Beaucoup de moscovites ne roulent pas sur l’or et ça se voit. Au contraire, nombreux sont ceux qui roulent en BMW, Mercedes, Porshe… Beaucoup trop a mon goût…

Une architecture globalement bien tristounette. De grands immeubles mornes enlacés d’artères où circulent des voitures en permanence.

Un trafic routier infernal. Certains boulevards comptent jusqu’à 18 files de voitures (9 dans chaque sens), c’est dire… T’es en béquilles ou tu boites, impossible de traverser avant que le feu ne repasse au vert!!! Heureusement, de nombreux tunnels, glauque au possible, ont été aménagés pour faciliter la traversée des routes par les piétons.

Autre fait marquant, les vitres teintées des voitures. Celles-ci ne doivent pas être en option visiblement à l’achat. Ne pas être vu pour mieux klaxonner sans doute…

Moscou, c’est aussi des policiers partout. Un plan vigipirate puissance 10. Du grand n’importe quoi.

J’aurai pu aussi critiquer l’amabilité détestable de certains vendeurs et autres personnels administratifs qui face aux touristes ne font aucun effort de compréhension, mais je ne le ferait pas. Il s’agit la d’un ressenti, d’un triste a priori qui doit se dissiper dès lors que l’on baragouine un minimum de russe. Outre le fait que le parisien de base n’est guère mieux lorsqu’il s’agit d’aider un pauvre touriste déboussolé, il nous a été donné avec Ninon de rencontrer d’autres russes dont le sourire et la gentillesse faisaient rapidement oublier certains de leurs compatriotes.

C’en est trop pour nous, 4 jours à Moscou et une vive envie de quitter cette ville dès le deuxième jour.

Alors on erre, les yeux tournés vers le ciel pour fuir du regard cette ville que l’on s’empressera d’oublier…

On se dépatouille pour acheter nos tickets de transsibérien, et hop c’est parti, direction la Mongolie !!!

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Vestfirđir

Après le sud de l’Islande, direction les fjords du nord-ouest de l’île (Vestfirđir).

Mon objectif : randonner le long des plus hautes falaises à oiseaux de l’Atlantique nord pour y rencontrer macareux moines, sternes arctiques, guillemots et autres piafs… mais aussi tenter d’apercevoir le renard arctique.

J’attaque d’abord par la région d’Hornstrandir qui fut désertée vers 1950 à cause de son isolement et des conditions très difficiles qui y règnent. Toute la péninsule forme maintenant une grande réserve naturelle où l’on ne peut accéder que par bateau ou à pied. C’est donc d’Isafjörđur, petit port de pêche, que je pars en bateau pour rejoindre Hornstandir au niveau d’Heysteri.

Isafjörđur:

Un bivouac à proximité d’un petit cimetière avec vue sur le fjord et c’est parti pour une semaine de trekking dans cette région aux falaises gigantesques, escarpées et peuplées d’oiseaux…

Heysteri:

Très rapidement, le charme opère. D’abord parce que les fjords sont magnifiques, l’air pur et la rando plus qu’agréable dans cette nature belle et vigoureuse, mais aussi parce que le passage de l’Homme demeure perceptible. Je m’explique.

J’avoue être venu ici parce que ce coin de l’Islande est réputé pour être « unspoiled », mais au final, les traces passées (tombe, poteau électriques, ruines,…) et présentes (bouées de filet de pêche sur les plages) de l’homme ajoutent un charme photogénique tout particulier à Hornstrandir…

…voir une atmosphère apocalyptique, surréaliste parfois…

Ma p’tite vendeuse de glace à Reykajvik m’avait ainsi parlé d’un complexe militaire américain désaffecté situé à l’extrême nord-ouest d’Hornstrandir. Une ancienne base militaire, une verrue dans ce cadre grandiose, mais qui valait le coup d’oeil…

Je me rends donc là bas par un après-midi de brouillard. Le genre de journée où tu pars et où le temps est correct. Puis à force de grimper et de grimper sur les hauteurs tu te retrouves à marcher au milieu des nuages, dans une brume qui te gèle les doigts. Une purée de pois et une visibilité inférieure à 10m. Mais c’est pas grave, j’allais quand même pas me taper 20km aller-retour pour renoncer si près du but.

Et paf soudain, je tombe nez à nez avec un mûr. J’y suis!!! Une série de bâtiments à l’abandon où la rouille se répand comme un lierre… On dirait que la guerre est passée par là. Un bordel sans nom. Des poutres en béton armé qui manquent de s’écrouler sous mon passage… Un lit de verre et de débris. Aveuglé par la blancheur du brouillard, j’erre dans ce désordre rouillé et pourtant si structuré géométriquement…

Voilà l’atmosphère apocalyptique que j’évoquais, mon expérience surréaliste dans une Nature prétendue vierge…

Super souvenir en tout cas.

Après il est clair que la pollution humaine reste ici rare et que des vues imprenables se sont offertes à moi à chaque ascension…

Hornbjarg:

Le kiff ultime ayant été de grimper en haut des falaises de Hornbjarg (plus de 500m de hauteur) pour s’allonger et mater des centaines d’oiseaux en contrebas. Franchement c’est quand même trop fort d’être au dessus des oiseaux en vol !!!

Des surprises aussi, comme celle de voir planer au dessus de moi le pygargue à queue blanche (ou grand aigle de mer) ou de me trouver observé par un jeune renard arctique alors que j’étais en train de pisser…

Ce bon vieux renard arctique, qui trahit sa présence par ses crottes et les plumes abandonnées des oiseaux dont il s’est fait festin…

Autant d’indices qui m’ont permis de remonter jusqu’à certains terriers pour pouvoir « shooter » le seul mammifère sauvage terrestre d’Islande. Chaque traque me permettait au passage de me gaver de myrtilles dont la région regorge !!! Hummm c’esd’un délice !!!

Une fois le terrier repéré, je patientais, appareil photo en main, derrière un rocher ou tapis dans l’herbe espérant que mère renard ou un jeune daigne pointer le bout de son museau…

Au final, pas moins de 5 renards arctiques observés, que se soit par pur hasard au détour d’une vallée ou d’une falaise, ou lors de mes affûts…

J’ai quand même été sacrément verni sur ce coup là…

Et la chance ne m’a pas quitté. Après une semaine dans Hornstrandir, je rencontre au matin de mon retour en bateau, 2 suisse-allemands, Thierry et Connie. Tout deux se dirigent aussi vers Latrabjarg, LA falaise d’Islande où nichent des milliers de macareux moines. Contrairement à moi, ils disposent d’un 4×4 et me proposent de les accompagner !! Pas de longues journées d’attente de bus, impec !!!

En chemin, on s’arrête contempler l’une des plus jolies cascades d’Islande, Dynjandi:

Mais aussi les fameux chevaux islandais, Connie pratiquant l’équitation et adorant les chevaux…

Le cheval islandais est une souche pure qui n’a pas subi de croisement depuis plus de 1000 ans. Ces petits chevaux de selle sont vraisemblablement les descendants directs des montures amenées en bateau par les vikings lors de la colonisation de l’Islande au IXe siècle. Les Islandais sont restés très fiers de leurs chevaux dont ils parlent avec amour, en particulier dans leurs sagas. Alors si vous ne voulez pas vous froisser avec un islandais, n’allez jamais comparer ces chevaux à des poneys, ok !!!

Nous voilà à présent à Latrabjarg. Le temps est tout pourri, il y a un vent à décorner les bœufs. Thierry & Connie m’annoncent qu’un touriste allemand est décédé ici il y a quelques jours en chutant de la falaise alors qu’il prenait les macareux en photos…

Bon bah on va fera gaffe et pi c’est tout…

En même temps, difficile de ne pas être distrait par les macareux moines. Ils sont juste trop trognons ces oiseaux !!! Non sérieusement, ils ne sont pas farouches du tout et sont même plutôt curieux…

Genre ils s’approchent de toi, s’arrêtent à quelques 60cm puis te regardent en inclinant la tête… Hyper expressifs!!!

Franchement, impossible de ne pas craquer. T’as juste envie d’en prendre un et de le trimballer partout avec toi comme tu pourrais avoir un perroquet sur ton épaule !!!

Allez spéciale dédicace à mon p’tit Bus :

Dédicace aussi à Harma, une hollandaise avec qui j’ai marché pendant 3 jours à Hornstrandir:

Elle a bien galéré sur cette photo au milieu des bois flottés pour mener à bien mon petit caprice Minkinennien…

Bon bah voilà c’en est fini des fjords du nord-ouest de l’Islande…

En résumé, si vous viendez en Islande pour pas longtemps, 2 choses à faire obligatoirement : le trek Landmannalaugar-Þorsmörk et Vestfirđir.

Quand on a vu ça, on peut mourir tranquille…

Et surtout n’oubliez jamais de faire gaffe aux sternes arctiques !!! Elles paient pas de mine comme ça, mais quand elles ont décidé de vous prendre comme cible, et bah elles font pas semblant !!!

Pour finir, petit passage par Stykkisholmur :

Et un peu de Reykjavik spirit…

Et une fin de soirée difficile pour un espagnol rencontré au festival Innipukinn:

See u les gens!!!

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Þorsmörk-Landmannalaugar

Coucou tout le monde,

Lors de mon dernier post, j’en étais resté à ma longue traversée de l’Islande (Myvatn –Landmannalaugar).

Arrivé à Landmannalaugar sous une tempête de sable, le temps et le manque de nourriture me convainquent rapidement de prendre un bus pour retourner à Reykjavik.

Après quelques jours passés à réparer la tente, à laver mes fringues, à me réapprovisionner et surtout à me gaver de glaces (histoire de récupérer quelques grammes et d’assouvir mon besoin en sucre qui m’avait tant obnubilé au cours des 15 derniers jours), me voilà fin prêt pour attaquer le fameux trek Landmannalaugar-Þorsmörk.

Afin de ne pas faire comme tout le monde, je décide de débuter ce trek à Þorsmörk. L’originalité a cependant un prix : dans ce sens, je passerai une grande partie de ce trek à grimper au lieu de descendre. Tanpis, de toute façon je suis plus à l’aise en montée qu’en descente. Je trouve ça moins casse-gueule et moins traumatisant pour les chevilles et les genoux.

J’arrive donc à Þorsmörk, au pied de l’Eyjafjallajökull (à tes souhaits !!), le désormais célèbre volcan au nom imprononçable qui fit éruption au printemps dernier.

On est loin de la vision apocalyptique que les médias ont dépeint il y a quelques mois… La cendre est certes toujours présente mais n’excède pas 4-5cm d’épaisseur. Du vent a soufflé sous les ponts entre temps, mais quand même !!

Gérald Ernst, un volcanologue belge que j’ai rencontré au camping de Reykjavik, me l’a d’ailleurs confirmé, il ne s’agissait que d’une éruption mineure et le pire reste à venir, notamment concernant le Katla (non non ce n’est pas une blague) !!!

Enfin bref, nombreux sont les islandais qui remercient les médias pour l’horrible saison touristique qu’ils sont en train de passer à cause d’eux. Déjà que le pays est économiquement au plus bas, il n’avait vraiment pas besoin de ça…

Bon après il faut aussi admettre que les islandais se sont montrés bien incapables de produire une contre-information efficace.

Il y a des photos qui peuvent te donner envie d’annuler ton séjour en Islande….

 

Alors que d’autres prises à seulement 3 km auraient sûrement un effet inverse…

Ah le poids de l’image…

Mais je m’écarte…

Þorsmörk-Landmannalaugar en résumé : un trek majestueux, splendide …

Assurément les plus beaux 55km que j’ai eu l’occasion de parcourir de ma vie !!!

La région de Þorsmörk, malgré la cendre, est comme une oasis de végétation blottie au creux des glaciers Myrdalsjökull et l’Eyjafjallajökull. Des bouleaux nains, des orchidées, une végétation verdoyante qui contraste avec les plateaux du centre que j’ai traversé…

Je ne savais plus où regarder…

 Ici, la nature est d’une grandiose beauté et le contraste entre la douceur de la forêt et l’âpreté hostile des glaciers est saisissante.

Puis soudain en quelques km et une rivière traversée (Kapa), tout disparait, comme un mauvais sort jeté à l’autre rive…

La forêt luxuriante laisse alors place à une végétation rase et plus parcimonieuse…

Mais qu’importe, les paysages demeurent magnifiques. Chaque ascension révèle un panorama rare et chaque fois différent. Je frôle l’orgasme oculaire à chaque kilomètre parcouru et me retient pour ne pas remplir la carte mémoire de mon appareil photo…

 

Rivière en crue:

Paradoxalement, les photos ne rendent pas vraiment compte du spectacle qui s’offrait à mes yeux…

Comme si Madame Nature refusait de se laisser capturer. Rester insaisissable pour mieux perpétuer la légende de ce trek…

Trois jours de pur kif, avec pour bouquet final, le coloré Landmannalaugar !! Une contrée rouge, jaune, bleutée, orangée, où des sources chaudes et froides jaillissent de la terre au milieu de formation de rhyolite…

Z’avez vu le type dans le tiers supérieur droit qui sert d’échelle ci -dessous?

 

Ici encore, et plus que d’habitude, un trek qui ne se raconte pas mais qui se vit…

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Au pays de feu et de glace

“Le pays où la nuit est une menteuse” (Ninon)

Deja un mois que je suis en Islande. Le temps passe trop vite ici. Peut-etre est ce dû a ce soleil qui ne se couche jamais a cette periode de l’annee.

Un mois, un jour sans fin qui file…

J’ai passe ma premiere semaine a Reykjavik.

Mon QG, le camping de la ville. Ici pour seulement 1000 couronnes islandaises (1000 KR = 6.6 euros), tu dors peinard et t’as des douches bien chaudes qui sentent l’oeuf pourri (geothermie oblige)!!! En plus tu peux aller te relaxer a la piscine d’a cote dans des bassins allant jusqu’a 44 degres… Le pied quoi!!!

Qui a dit que l’Islande etait cher?? Bon ok une bouteille de rhum ou de vodka en magasin vaut l’equivalent de 40 euros, mais bon a cote de ca vous connaissez beaucoup de bars en France ou on a une pinte de biere pour 3.30 euros (500KR)???

Ici tout le monde tourne au hot dog (pylsar) et a la glace… Et la encore les prix sont imbattables: moins de 2 euros chaque.

D’ailleurs la glace ici c’est un peu une religion. Ils te preparent des trucs de malades (bon la ok c’est un peu plus cher mais ca vaut encore trop le coup). Tu te tapes une montagne de glace avec toutes sortes d’accompagnements (chocolat, caramel, M&M’s, Snickers, Bounty, Skittles, Daim, bonbons gelatineux genre schtroumpf, j’en passe et des meilleurs…). Y’a vraiment moyen de s’eclater la panse!!! Et je me suis pas prive a ce niveau la…

Bon apres il y a vraiment moyen de bien fater a tourner tous les jours a l’ice cream et a la pylsar, mais quand on est juste de passage c’est plutot un moyen sympa de manger sans se ruiner. Pour les autres, il y a toujours possibilite de manger de la baleine ou du macareux moine dans certains restaurants, mais la c’est tout de suite un autre budget et il faut cautionner…

Bon j’arrete maintenant ma gastronomie au rabbais pour vous parler un peu d’autres choses. Pi Kranf il dit que j’ecris beaucoup trop dans mes articles, et il a pas tort…

Au cours de cette premiere semaine passee a decouvrir Reykjavik et a m’impregner de l’atmosphere islandaise, j’ai aussi prepare mon « Into the Wild », mon « Manu VS Wild ».

Mon objectif etait simple : une traversee nord-sud du pays avec pour point de depart le lac Myvatn et une arrivee prevue 15 jours plus tard a Landmannalaugar:

En gros 300km en autonomie complete a travers les hauts plateaux et autres deserts de lave du centre de l’Islande…

Le truc c’est qu’un periple comme ca, ca se prend pas a la legere, surtout en solitaire!!! N’ayant pas de GPS, je suis donc passe par l’achat de cartes topo, afin de bien definir a l’avance mon itineraire. Pas question de se paumer au milieu de nulle part. Et puis surtout, il me fallait imperativement reperer les rivieres afin de toujours avoir de quoi boire, manger et me laver a l’occasion…

Bon c’est cons d’islandais n’ont pas mieux que des cartes au 1/100 000e pour cette zone du pays ou tres peu de personnes s’aventurent. Tanpis j’ai fait avec et apres coup, c’etait amplement suffisant il faut dire…

Apres les cartes, la bouffe.

Ayant deja 24kg de matos sur le dos (tente, matos de peche, duvet, bouteilles de gaz, appareil photo, trousse de survie, fringues,…), pas question de se charger inutilement.

Surtout que je compte bien pecher de la truite pour m’assurer quelques apports proteiques

Ca sera donc:

Matin : cereales muesli pour le matin (1,5kg)

Journee : barres de cereales (12×25g), Snickers (6×50g) et fruits secs (700g d’un mix amandes, noisettes, noix, raisins, chocolat)

Soir : pates (1,5kg) et 6 portions de bouffe hyophylisee (6x 100g) au cas ou je prendrai pas de poisson.

+ The et infusion pour se rechauffer matin et soir.

Au final, avec en plus 1L d’eau en permanence dans ma gourde, mon portage atteint la barre fatidique des 30kg…

Ca va etre dur, mais je peux pas faire moins en etant seul.

Une fois pare, me voila parti pour le Nord-est de l’ile : direction le lac Myvatn, point de depart de mon periple solitaire…

Une fois sur place, je passe quand meme 2 jours au camping de Reykjahlið, histoire de visiter les environs qui regorgent de spots volcaniques (sources chaudes, champs de lave, rifts, cratere, marmites de boue).

Leirhnjukur, au nord est de Myvatn:

Le cratere Hverfell:

Allez hop, ni vu ni connu je vous balance un ptit cours de geologie pour vous expliquer 2-3 trucs  (ouais je sais Kranf je parle trop mais ca fait un mois que j’ai parle a personne…lol) :

Et Fred, pourquoi ca sent l’oeuf sur les sites volcaniques ??

Facile Jamy !!! En fait l’eau de surface s’infiltre en profondeur jusqu’au inclusions de magma. Sous l’effet de l’augmentation de temperature et de pression, l’eau se transforme alors en vapeur et remonte a la surface accompagnee de gaz contenant de l’hydrogene sulfure. C’est cet hydrogene sulfure qui donne aux sources chaudes cette odeur caracteristique d’oeuf pourri.

Et tu sais Jamy, on observe souvent au niveau des sources chaudes ou des events de vapeur des depot de souffre (couleur jaune).

Ceux-ci sont dûs au fait que l’hydrogene sulfure precipite en arrivant en surface au contact de l’air ambiant.

Wouahhh chanmé Fred, et les marmites de boues, comment ca se forme ???

C’est toujours l’hydrogene sulfure Jamy !!! Quand il remonte des profondeurs grace a l’eau de surface, il donne de l’acide sulfurique qui rend l’eau acide. Celle-ci dissout alors terre et roche pour former la boue des marmites…

Bah voila c’etait pas sorcier…

Tiens wala quelques photos de bulles de marmites de boues que j’ai pris grand plaisir a prendre…

Je crois que j’aurai pu rester des heures a prendre ca, je trouve ca incroyable!!!:

Je ne peux m’empecher de penser sur cette derniere photo qu’une ondine est sortie de la marmitte pour me tirer la langue histoire de me montrer son piercing ou juste pour me faire un ptit pied de nez…

Marge au niveau des spots de sulfures de Namafjall:

Ah oui au fait, lorsque je me baladais autour du lac Myvatn, j’ai vu ce panneau:

Je suis alle voir si elle etait bien la et je l’ai jamais trouve…pfffffffffff

Place maintenant a la traversee Reykjahlið- Landmannalaugar…

L’aventure, la vraie, commence !!!

Autant vous dire tout de suite que ce ne fut pas une partie de plaisir… (mais vous vous en doutiez hein ?!!)

En fait ca aurait pu l’etre, mais il aurait fallu pour cela etre 2 ou 3. Non pas que je supporte mal la solitude, bien au contraire, mais plutot qu’il aurait ete plus appreciable pour mes pieds de voir une partie de mes 30kg de portage pris en charge par d’autres pieds…

En gros, pour faire simple, des le premier jour j’ai eu une mechante ampoule a chaque talon.

En Tasmanie et en Nouvelle-Zelande, je supportais tres bien une charge de 25kg. Il m’est cependant apparu tres rapidement et de facon assez douloureuse que le seuil de tolerance de mes petits pieds etaient inferieur a 30kg… Aucun souci pour les epaules, le dos, les hanches et les jambes, par contre trop de poids et de pression pour mes panards….

Resultat, des le 2e jour, j’ai ete lourdement handicape avec mes pieds, ce qui a considerablement ralenti ma progression.

Mes ampoules ont alors commence a devenir des plaies a vifs, puis a saigner pour ressembler au 2e soir a des sortes d’escares immondes…

Au matin du 3e jour, un gros dilemme s’est donc pose a moi : mes plaies pour cicatriser devaient etre laissees a l’air libre et ce n’est pas en marchant avec des plaies bandees dans des chaussettes trempees de sueur que ca risquait de s’ameliorer. Il m’aurait donc fallu m’arreter de marcher quelques jours. Seulement, m’arreter aurait implique de voir diminuer mes reserves de bouffe ainsi que mes ressources de gaz (impossible de faire un feu de camp, il n’y a pas de bois dans le centre de l’Islande) rendant la fin de la traversee delicate voir critique…

Pas facile, facile…

Apres mure reflexion, je decide de continuer et de retirer les semelles de mes groles. Ca les rend plus grandes, limitant ainsi les frottements. Ceci etant, je chope lors du 3e jour de veilles ampoules a mes 2 petits orteils, ces derniers n’etant plus assez maintenus dans la chaussure… Relou. Tanpis je prefere sans semelles, mes talons etant trop atteints pour les remettre.

Malgre tous mes efforts, je souffre encore comme un porc… Je crains de devoir abandonner si mes talons ne cicatrisent pas un minimum. De plus, je ne peux marcher sans pansements, et il ne m’en reste plus beaucoup, les traversees de rivieres quotidiennes les abimant prematuremment…

Au 3e soir, je me couche le moral dans les chaussettes…

Continuer ce trek, c’est comme vouloir faire le Paris-Dakar avec des pneus creves….Pffffffffff

Au reveil le lendemain matin, je sors pour aller pisser et paf !!! Des les premiers pas mon talon gauche se met a pisser le sang. La plaie qui avait seche durant la nuit s’est reouverte. Ca craint vraiment…

Je sors alors l’artillerie lourde !!! Mega pansements a base de double-peau (Duoderme) et d’Elastoplast. Un bon vieux strap sur tout l’arriere du pied qui resistera au courant impitoyable des rivieres…

Toutefois, mes orteils me font encore souffrir, surtout que ces cons la vont rapidement devenir purulents. Bah ouais, tous les soirs je percais mes ampoules et le truc c’est que le sable d’Islande est hyper fin. Je me suis donc rapidement retrouve avec du sable en sous cutane qui s’est infiltre dans mes ampoules lors des traversees de rivieres en crue. Enfin bref, j’ai du au cours de ces deux semaines passer l’equivalent d’une heure chaque soir a soigner mes pieds… Un truc de ouf…

En gros le truc c’est que mes chaussures avec semelles sont trop petites et que sans elles sont trop grandes. Dans les 2 cas, frottements a repetition…

Ce n’est qu’au 7e jour que je trouve enfin la parade, une reminiscence d’une bonne vieille technique de randonneur. Toujours pas de semelles, mais 2 paires de chaussettes !!!

Franchement j’aurai pu y repenser avant… Je m’etonne d’etre aussi con parfois…

Je sais pas si ca va le faire mais ca se tente.

Du coup, duoderme+ elastoplast sur les talons, pansements sur les ptits orteils et double epaisseur de chaussettes = resultat plus que concluant !!!

Ce n’est donc qu’a partir de la 2 semaine que j’ai commence a retrouver des sensations de marche agreables. Toute la premiere semaine, c’est avec grande peine que j’arrivais a parcourir 20km par jour… Je marchais completement voute, a petits pas pour attenuer mes souffrances et pour deplacer les points de compression. Je devais ressembler a un ptit vieux de 90 ans qui s’empresse d’aller au supermarche. Ridicule…

Enfin wala, avec mes histoires de pieds, ma premiere semaine a ete une sorte d’enfer….J’ai passe mon temps focalise sur ma marche, a lutter a chaque pas, le pire etant de relancer la machine apres chaque pause…

C’est plutot dommage puisque qu’au cours des 7 premiers jours j’ai vraiment eu un temps magnifique. Genre tellement de soleil que je suis presque devenu blond !!! J’aurai dû marcher nu pour pouvoir faire parfaite illusion en rentrant…

Heureusement que mes problemes de pieds se sont resolus lors de la deuxieme semaine puisque le temps, lui, s’est vraiment degrade.

De la pluie tous les jours et deux tempetes impressionnantes auxquelles j’ai du faire face.

La premiere a eu lieu le 1er juillet et l’autre le 7 juillet. Je me trouvais alors respectivement au nord du Tungnafellsjökull et sur les bords du lac Þorisvatn. Pas un relief pour m’abriter, comme bien souvent. Dans les 2 cas, je plante la tente en debut de soiree alors que le vent commence a se lever. Puis soudain ca se met a souffler tres fort, 18h durant… Ces 2 nuits la, impossible de trouver le sommeil. Deux tempetes de malade avec des vents soufflant en moyenne a 100-110km/h, je vous parle meme pas des rafales.

La premiere nuit, la tente a tenu le coup. La deuxieme, arceau plie et dechirures dans la toile… Titine elle est resistante mais y’a des limites… Je vous parle meme pas de demonter seul sa tente par un temps pareil…

Le 1er juillet, c’etait pluies diluviennes et grêle et je peux vous assurer qu’on fait pas son mariole quand on doit traverser en sandales une riviere gelee en crue avec 27kg sur le dos et un vent soufflant a 110km/h.

Le 7 juillet, pas de pluie et pas de rivieres a traverser, mais pi encore : une tempete de sable !!!

Tu marches en oblique pour devoir marcher droit. T’as du sable dans le nez, dans la bouche, et tu vois rien, pas seulement parce que t’as les yeux brules par le sable, mais aussi parce que la visibilite est nulle…. Et tu dois marcher, parce que de toute facon tu sais pas quand est ce que ca va s’arreter et que si tu comptes sur un 4×4 pour te prendre en stop tu peux attendre 3 jours avant qu’il en passe un, et encore si il s’arrete…

Apres une premiere semaine tres difficile physiquement, deux journees en enfer !!!

Bon apres, je l’ai deja brievement evoque, mais une autre epreuve quotidienne que j’ai du affronter etait les traversees de rivieres gelees (en crue la plupart du temps). Alors t’en passes une, tu rigoles, deux ca va encore, puis quand c’est la 3e ou 4e de la journee tu rigoles moins !!! Tout d’abord parce qu’a chaque fois faut retirer ses groles, son fute, puis mettre les sandales, puis traverser, puis retirer les sandales, se secher, remettre le fute et les groles.

Et la tu perds rapidement 30-45 minutes mine de rien.

Mais le pire, c’est que c’est assez traumatisant pour les pieds. Deja qu’il fait que 10 degres dehors, quand en plus tu plonges tes pieds rien que 5 minutes dans une eau gelee, tes pieds mettent un peu de temps a s’en remettre. Surtout au niveau des ampoules, tu ressens comme une sorte d’anesthesie qui se transforme progressivement en sensation de brulure au fur et a mesure que tes pieds se rechauffent. Du bonheur a tartiner !!!

Bon puis aussi tu te fais peur parfois, parce qu’honnetement j’ai pas eu que des ptites rivieres ou t’as de l’eau qu’au genou a traverser. Je garde ainsi un souvenir fort peu agreable de la riviere Mickley (Suðura) : genre riviere de 30m de large, en crue, des plaques de basaltes bien lisses sous tes sandales pour une superbe adherence, un courant super fort, et de l’eau glacee jusqu’aux couilles.

Et bah la tu mets 20 minutes a traverser la Mickley !!! T’as les pieds et les jambes transis par le froid, tu saignes des pieds parce que forcemment tu t’es pris une caillasse charriee par le courant et en plein milieu de la riviere tu te mets a regretter amerement de ne pas avoir de batons de marche pour t’aider a traverser. Au lieu de ca, t’as ton tube PVC (ou sont rangees tes cannes a peche) qui te sert d’appui, t’es vautre dessus et tu ressembles a un trepied vivant qui prie pour pas se casser la gueule !!!

Franchement, j’ai quand meme vecu des moments pas tres fun que je souhaite a personne.

Je me suis d’ailleurs demande a plusieurs reprises ce qui m’a pousse a continuer. Mon moral qui etait bon sans doute. Mais je crois surtout que je suis un entêté !!! Je suis pas un Lecoutey pour rien…

Et puis bon ca reste quand meme un defi personnel que je voulais relever depuis des annees… Alors je me suis fait violence jusqu’au bout, pour dire je l’ai fait…

Ca s’appelerait pas de la fierte ca ?? Une sorte de fierte debile envers et contre tout, meme contre la douleur. Faut etre sacrement con quand meme !!! ou fou aussi, je sais pas.

Mais apres tout, mon bon vieux Milouse n’a-t-il pas raison quand il dit: « ce qui est fou c’est de ne pas l’etre assez »??

Ah puis faudrait pas non plus que j’oublie mais nouvelles meilleures ennemies !!! Les mouches !!! Parce qu’ici en Islande, il n’y a pas de moustiques. Mais putain il y a trop de mouches. Et ces coquines sont insensibles au produits anti-insectes !!! Le truc c’est que j’ai suivi les cours d’eau pour pouvoir boire, cuisiner et pecher, et les petites friponnes sont justement situees au niveau des cours d’eau… Alors des qu’il y a une legere brise ca va, parce qu’elles sont si petites et legeres qu’elles ne peuvent resister a la douce brise. Mais des que le vent cesse, c’est l’horreur !!! Des dizaines de mouches qui gravitent autour de toi !! Pire qu’une vache en Normandie en ete !!! Et vas y que je te rentre dans les oreilles, et vas y que je te rentre dans le nez !!! Et oups je viens encore d’en avaler une !!! Faut vraiment faire preuve d’une grande maitrise de soi pour pas peter un cable par moment. Honnetement, on en vient rapidement a faire des incantations pour esperer que le vent se leve…

Un conseil aussi, si vous prevoyait un jour de venir, meme en ete, dans le centre de l’Islande, preparez-vous a vous cailler la nouille la nuit. Bon ok, je m’installais systematiquement aupres des rivieres ou il fait toujours plus frais a cause de l’humidite et des courants d’airs frais qui y circulent. Mais bon, globalement, chaque nuit ma montre indiquait un petit 5 degres sous la tente …. De quoi bien refroidir meme un non frileux comme moi.

Ceci etant dit, j’ai pas non plus vecu que la galere durant ces 14 jours de traversee des hauts plateaux d’Islande.

J’avoue que c’etait plutot agreable de se retrouver seul au milieu de cette nature quelque peu hostile, au milieu de ces champs de laves ou de rares oiseaux t’accompagnent sur quelques dizaines de metres.

Des rencontres avec des fees aussi… Ces rares fleurs qui t’entourent parfois dans ce monde de rocailleux:

Ca a son charme aussi de planter sa tente le soir au bord d’une riviere, face a de splendides glaciers tels que l’Hofsjökull ou le Vatnajökull:

l’Hofsjökull:

Le Tungnafellsjökull:

le Vatnajökull:

De s’endormir berce par la douce melodie de l’eau qui s’ecoule paisiblement:

D’apporter sa petite contribution au landart islandais, de laisser une trace ephemere de son passage…:

De contempler le soleil de minuit….

Ah oui au fait, je vous ai pas encore raconte la peche en Islande !!! Bah c’est tout simplement un truc de dingue !!!

Juste pour exemple, le premier soir de ma traversee, une fois ma tente plantee, je m’empresse d’aller au bord de la riviere pour mouiller la cuillere. Premier lancer, et paf, une truite de 60cm !!!! Incroyable, je peche depuis 5 secondes et je sors la plus grosse truite de ma vie !!! En France tu peux passer des journees entieres a pecher et rentrer broucouille !!! Et t’es bien content quand t’attrapes une truite de 25cm…

Et bah la t’es en Islande : une pression de peche inexistante (en tout cas ou j’etais), des rivieres poissonneuses a souhait, et des truites enormes !!!

En gros, a chaque fois que j’ai peche, j’ai pas ete 15 minutes avant de prendre une truite… Et pas une seule en dessous de 50 cm !!! Que demande le peuple???

Du coup chaque truite me faisait 3 bon repas, assurement succulents!!!

PS: vous remarquerez les mouches qui virevoltent autour de ma moi..

Bon sinon de son cote, Marge aussi a bien trippe avec moi:

Voici notamment SA contribution au Landart islandais!!!:

Voici a present la sequence Manu VS Wild ou comment survivre en milieu hostile en Islande (certifie sans trucage):

L’Islande c’est 300 000 habitants sur 100 000km2 dont la moitie de la population concentree sur Reykjavik. Autant vous dire que globalement ici, hors des villes, il n’y a personne et surtout pas dans le centre du pays qui est region desertique…

Du coup quand je parlais pas a Marge ou que je me surprenais pas a parler tout seul, je sifflais avec les oiseaux ou je sympathisais avec les rares fleurs que je croisais:

Sequence botanique donc, ou quelques grammes de finesse dans un monde de lave:

Marge preferait nettement ces ravissantes fleurs au sable noir qui les assiegeaient…

En vrac, quelques photos depuis mon arrivee en Islande:

Moi a la fete national du pays le 17 juin dernier!!! Je kiffe les sucettes-Tetine et je fais ca plus propporement que le gore derriere moi!!!

Soleil de minuit sur Akureyri:

Ambiance rouillee dans un bidon abandonnee… Fuis petite chenille, fuis!!!

Nuages bas sur Reykjavik:

Murs de pierres sur les bords de Myvatn:

Je ne suis plus que l’ombre de moi meme face a ce desert…

The morose sous tente et pluie battante…

Une ptite video bien conne pour finir:

Bisous les gens

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KIWILAND

Voilà plus d’un mois que je suis en Nouvelle-Zélande et les semaines se sont écoulées sans que je n’aie eu de temps à consacrer à ce blog. Je m’excuse donc pour tous ceux qui, connectés chaque jour dans l’espoir de me lire, sont à présent gagnés par la lassitude voir l’inquiétude de ne pas avoir de mes nouvelles. Vous devez êtes nombreux dans ce cas (au moins Maman!!!) donc maxi mea culpa à vous.     

Arrivée à Christchurch en NZ le 25 avril. Vu la taille du pays, le faible trafic routier et les dessertes de bus, nous optons très rapidement avec Fanette pour la location d’une voiture afin d’éviter de perdre trop de temps. Au final nous finirons quand même par avoir recours au bus, train et stop puisque notre brave Toyota, m’étant rendue incontrôlable lors d’un aquaplaning, a fini sa course dans le bush !!! Rassurez-vous, seule la voiture a pris cher. Malgré le tonneau, ni Fanny ni moi n’avons eu la moindre égratignure !!!  Un 13 mai plus chanceux que maudit donc.     

     

Il s’agit bien là du seul sombre épisode de notre séjour chez les kiwis (un même terme pour désigner les habitants du pays, le fruit et l’oiseau !!!).     

Pour le reste que du bonheur, que se soient dans les paysages parcourus ou les gens et animaux rencontrés.     

Globalement nous avons d’abord fait une boucle horaire dans l’île du sud (Christchurch, Lake Tekapo, Oamaru, Dunedin, la région des Catlins, Te Anau, Fiordland National Park, Queenstown, Wanaka, Fox Glacier, Franz Josef Glacier, Greymouth, puis accident avant Wesport!!!) avant de prendre l’avion à Nelson pour Auckland. A Auckland nous avons été accueillis chez mon pote Christophe et sa p’tite famille. Ayant passé pas mal de temps sur Auckland, notre découverte de l’île du nord s’est alors résumé au Tongariro National Park ainsi qu’à la région de Te kuiti où nous avons retrouvé des amis kiwis rencontrés lors du Milford Track dans l’île du sud.     

Wali, walou pour ce qui est des régions arpentées. Plein souvenirs en tête donc, mais je ne puis tout vous raconter. Un choix s’impose pour éviter un article interminable qui fatiguerait autant le lecteur que son roux d’auteur. Voici du coup un petit condensé, une sorte de Best of New Zealand de ce que j’ai pu vivre durant ce mois de mai.     

Tout d’abord, il faut savoir que la NZ c’est seulement 4 millions d’habitants  pour 30 millions de possums et 60 millions de moutons !!! Cependant la NZ ne vit pas que de ses élevages de moutons ni de ses exportations de kiwis ! Kiwiland est avant tout un pays qui a basé l’essentiel de son économie sur le tourisme. Je dirai même plus l’écotourisme ! Ici il possible d’enchainer pléthore de « tours » au cours desquels, accompagné d’un guide, on ira gentiment :     

-observer les lions de mer et les pingouins à œil jaune.     

-prendre un bateau pour contempler les baleines.     

-faire du canoë au milieu des dauphins.     

-marcher sur un glacier…     

-faire le tour des caves à vins de la région (ça c’est l’écotourisme des vignes)     

De la même façon, certaines villes du nord (Rotorua) et du sud (Queenstown) se sont spécialisées dans les sports extrêmes (c’est pas mon Gaël qui dira le contraire !!!). Ainsi Queenstown ressemble quelque peu à une station de ski française ou il fait bon pratiquer des sports en « ing » : le bungy jumping, le skydiving, le jetboating, le paragliding…     

Alors ok tout ça c’est bien fun mais franchement, même si les prix sont hyper attractifs, il faut pas s’arrêter à Queenstown ! C’est un truc à claquer toutes ses économies en moins d’une semaine. Bon après si on recherche ce type d’activités y’a pas meilleur endroit au monde, c’est clair.     

Tout ça pour dire que les excursions guidées & Co c’est pas trop notre truc avec Fanny. Puis bon c’est quand même plus drôle d’errer et de découvrir un pays par soi-même au grès des rencontres et des inattendus. Petit exemple parmi tant d’autres : la côte Est de l’île du sud est réputée pour pourvoir y observer phoques, éléphants de mer et autres pingouins. Le truc c’est que la plupart des spots connus sont soit payants, soit l’observation n’est possible qu’à distance (ex : Nugget Point, du haut d’une falaise à plus de 150m des animaux) et il faut alors ses jumelles pour pouvoir contempler quelque chose!!! Alors qu’en se baladant un peu le long des côtes, loin des nids à touristes, on peut assez facilement se retrouver, seul, nez à nez avec ses belles bébêtes et tout ça sans dépenser un dollar.     

      

La NZ c’est aussi le pays des arcs-en-ciel par excellence. Pourquoi ? Parce qu’ici plus qu’en Bretagne ou qu’en Normandie le temps est imprévisible. Et hop vas-y que je te pète le gros cagnard, et paf d’un coup des trombes d’eau. T’as pas eu le temps de sortir ta Gortex de ton sac à dos que tout est fini. Là le soleil repointe le bout de ses rayons et paf arc-en-ciel dans ta face !!! Ca tombe bien, ton sac à dos est encore ouvert, du coup à défaut de sortir la Gortex tu sort l’appareil photo pour capter l’instant magique qui s’offre à toi. Et bah non, v’là ti pas que c’est de nouveau le déluge !!! Truc de ouf j’vous dis. Enfin dans tout ça ce qui est cool c’est qu’on passe rarement une journée sans voir un arc-en-ciel, et ça c’est du bonheur à tartiner!     

      

De même, vous pouvez dans certaines région être, en plein été, en tee-shirt et une heure après devoir sortir le bonnet et le blouson parce qu’une tempête de neige s’abat sur vous !!! Véridique Rivers !!! La NZ quoi…     

Autre fait surprenant en NZ, les nuages bas !!! Des qu’il y a le moindre relief, de malheureux nuages s’empressent de venir s’y agripper, c’est inévitable. Comme si partout en NZ, la moindre colline avait, à l’instar des moutons qui la caressent, un manteau de laine…     

      

Autre caractéristique de Kiwiland, le concentré de paysages !!! On peut sur un minimum de kilomètres passer de paysages lunaires et volcaniques, à des sources d’eau chaudes, puis enchainer sur une belle côte sauvage suivi d’une ballade sur un glacier pour terminer dans une forêt humide en plein milieu d’un fjord. La classe non ???     

Ainsi vous pouvez être en train de surfer au bord d’une magnifique plage de galets et de bois flottés (Gillespsie beach) avec en face de vous, pour panorama, Fox Glacier situé à une dizaine de km. Ce même Fox Glacier où vous irez quelques heures plus tard vous tapez une session de snowboard…     

Franchement, il doit pas y avoir beaucoup d’endroit sur Terre où on peut prétendre pouvoir surfer une vague et de la poudreuse dans la même journée…     

Bon alors comme ça, on se dit au premier abord, ouahhh la NZ ça tue !!! C’est vrai que ça tue, mais ce qu’on tue surtout ici c’est les sandflies, petits moucherons que l’on trouve essentiellement au bord de mer et le long des rivières. Plus relou tu meurs.     

Elles arrivent sur toi, tu ne les vois pas venir. Et paf tu sens comme une petite piqûre là sur ton mollet ou ton pied. T’écrases la sandfly comme pour te venger de l’offense mais il est déjà trop tard, le mal est déjà fait… Commence alors un long calvaire puisque la sandfly, avant de mourir sous ton doigt, a largué une bombe à retardement : les démangeaisons commenceront le lendemain et ceci durant plusieurs jours… Le plus dur est de ne pas céder. Ne surtout pas se gratter jusqu’au sang. La cicatrisation est longue et les stigmates n’en seront que plus profonds.     

Alors quand tu sais pas ce que peuvent t’infliger ces mouches, tu fais ton cake !! Genre après une longue journée de trek, tu vas craner en osant aller te laver dans la rivière gelée pendant que les autres restent bien poisseux sous leur tee-shirt. Tu te dis intérieurement « quelle bande de blatringues, ils osent même pas se laver à l’eau (très !!!) froide ». Bon déjà, quand au bout d’1 minute 17 secondes t’as les jambes tétanisées et les pieds d’un stroumpf, tu comprends la réticence de tes camarades de treks. Mais lorsqu’à moitié à poil tu te fais en plus piquer par des dizaines de sandflies, tu réalises le lendemain soir, lorsque t’es en train de te gratter comme un con sous ton duvet, que t’aurais mieux fait de rester à puer la sueur…     

Ce qui est rassurant, c’est que tu constates rapidement que t’es pas le seul à faire la chasse aux sandflies. Pour t’aider, tu peux compter sur le superbe fantail !!! Bah ouais, la NZ c’est aussi le pays des oiseaux !!! Il n’y a pas que le kiwi ici (d’ailleurs où est-il celui-là ?) !!! Tout au long du séjour on a pu croiser des tas d’oiseaux, que ce soient des wekas, des robins, des kingfishers, des perroquets, des aigrettes, des albatros, des bécasses, des Tuis, des hérons, et une quantité impressionnante de rapaces !!!     

Robin (Hood):     

     

Weka es-tu là?     

      

Et donc parmi eux le fantail est mon petit préféré : une queue en éventail qui lui permet de changer de direction à tout moment du vol. LE spécialiste de la chasse aux mouches, qui n’hésite pas à venir récolter les sandflies qui te tournent autour. Du coup, on a régulièrement eu des petits fantails qui venaient tournoyer, virevolter à quelques centimètres de nous dans un ballet incessant. Un bien joli pestacle !!!     

      

A présent, petite sélection des coins à ne pas louper en Nouvelle-Zélande :     

Première étape incontournable, le lac Tekapo situé au sud-est du Mont Cook!!! Bon bah là autant vous dire, que j’ai jamais vu un lac pareil !!! Une eau turquoise incroyable qui contraste parfaitement avec la végétation environnante… En gros, si vous voyez ce lac en photo ou dans un film, vous pensez forcément que les couleurs ont été retouchées. Mais que nenni !!! La preuve  en images et en vidéo (certifiées sans trucage) :     

http://www.youtube.com/watch?v=tmROHKsguhs     

      

      

      

      

      

En fait, la tonalité turquoise du lac Tekapo est due à de fines particules issues de l’érosion des roches des glaciers environnants. Après piégeage des particules dans la glace et transport lors de la fonte des glaces, celles-ci s’accumulent dans le lac. Ces sédiments confèrent alors à l’eau un aspect laiteux qui réfracte les rayons lumineux et donne cette intense couleur. Elle est pas bien faite Dame Nature !!!??     

Moeraki Boulders. Une succession de sphères de calcite sur une plage.     

      

Ces sphères sont des concrétions  qui se sont formées en milieu marin il y a environ 60 millions d’années par accumulation de calcaire autour d’un noyau. Des débris de coquillages et de végétaux se sont alors déposés au fond de l’océan, intégrant petit à petit la couche sédimentaire. Ainsi, pendant des centaines de milliers d’années de la calcite s’est accumulée autour des débris, formant des noyaux de plus en plus gros. Après le retrait des eaux, l’érosion a révélé cet étrange phénomène naturel enfoui, dont la forme n’est en rien causée par l’action des vagues.     

La légende maorie rapporte que lors d’une tempête, la pirogue « Arai Te Uru », l’une des grandes embarcations qui amenèrent les ancêtres polynésiens des Maoris depuis « Hawaiki », fit naufrage. Sa coque se serait alors transformée en un récif, et les vanneries de nourriture ainsi que les calebasses échouées sur la plage se seraient figées en rochers.     

Bon perso je pense que c’est des couilles de baleines préhistoriques fossilisées mais bon…     

A.R. Minkkinen quand tu nous tiens…     

     

Le Milford Track aka « the finest walk in the world », rien que ça !!! Un trek majestueux, mythique et surtout mystique au cœur de Fiordland National Park. 54km au cœur de montagnes et de vallées de forêt humides. Des rivières magnifiques, des cascades impressionnantes, des ponts suspendus, une végétation à couper le souffle…     

http://www.youtube.com/watch?v=7cEnEBog0Q8     

http://www.youtube.com/watch?v=3g_3BmaQVwk     

      

      

      

Reflet dans une mare, si si!!     

      

      

      

      

     

      

     

      

      

      

      

     

Le Copland track, c’est au minimum 35 bornes de marche au sud-ouest du Mont Cook.  Le kiff de ce trek réside dans le fait que l’ascension de 17km du premier jour s’achève au niveau d’un refuge qui a été construit à proximité d’une source thermale. Du coup t’arrives au refuge, tu te mets en maillot de bain et tu files par 3°C (et oui on est en automne et en montagne qui plus est) te plonger dans une piscine naturelle où l’eau est à 35-40°C (à la source, l’eau sors à ébullition !!!). Tu passes ta soirée dans l’eau à contempler les étoiles. Le pied quoi !!     

Tu remets ça le lendemain matin, histoire de profiter du panorama alpin. Deux inconvénients toutefois : ça pue comme légèrement l’œuf pourri (sulfures obligent) et tu te cailles franchement la nouille quand tu sors de l’eau !!! Mais putain ce que c’est bon!!!     

http://www.youtube.com/watch?v=2QE-XPnhuXo     

      

Petite baignade matinale:     

      

      

Le Tongariro Alpine Crossing situé permet d’évoluer dans un environnement volcanique, lunaire voir apocalyptique. Une superbe rando entre cratères, sources thermales et cheminées actives qui témoignent d’une activité volcanique latente.     

      

     

Fraîche matinée avant l’asencion du Mont Ngauruhoe:     

      

      

On en a particulièrement chié avec Fanette lors de l’ascension du Mont Ngauruhoe (un volcan)!!! Des passages à 70% dans des éboulis de lave instables. Pas facile, facile…     

http://www.youtube.com/watch?v=nbstYm6hzhs     

Mais une sacré récompense une fois arrivée en haut : une vue plongeante sur le cratère du volcan et un panorama mémorable sur le Tongariro National Park !!!     

      

La descente par contre est sacrément fun puisqu’on empreinte des couloirs sablonneux. C’est un peu comme descendre la dune du Pila en courant…     

Autre spectacle assez magique : The Glow worm caves. Il y a en effet un peu partout en NZ des caves dans lesquelles vivent des milliers de vers luisants. La visite d’une cave donne alors l’impression de contempler un ciel étoilé dans un silence de cathédrale. Superbe…     

      

Bon, en comportementaliste que je suis, faut bien que je vous explique comment vivent ces glow worms boudiou …     

En fait ces vers, suspendus aux parois des caves, produisent un filet de bave gluant d’une trentaine de cm qui leur permet de capturer les insectes attiraient par l’abdomen luisant des vers.     

      

Neuf mois de vie larvaire (vers luisant) à se nourrir ainsi. Puis 2 semaines de stade nymphal (cocon) pour seulement 2 jours de vie imaginale (sorte de gros moustique). Pendant ces 2 jours de vie adulte, le glow worm ne peut même pas se nourrir  puisqu’il ne possède pas de système digestif (même pas de bouche). Sa seule fonction étant de se reproduire et de perpétuer l’espèce…     

A part tout ça, j’ai beau être un peu asociale parfois, je n’ai pas en souvenir que des paysages et des animaux… j’ai aussi rencontré des gens bien sympathiques en NZ. Je pense en particulier à une ptite bande de joyeux lurons, d’une gentillesse incroyable, rencontrés sur le Milford Track. Petit coucou donc a Jeremy, Anna, Tom & Shaïna !!!     

De gauche à droite: Anna, Fanny, Shaïna & Tom:     

      

On s’est bien fendu la margoulette tous ensemble que ce soit lors des interminables parties de cartes auprès du feu les soirées de trek ou lors de notre weekend « tour des wineries » dans la région de queenstown.     

Ce qui est vraiment cool c’est de découvrir un pays, sa culture, avec des natifs du pays. On a eu cette chance avec Fannette puisque Tom & Shaïna nous ont accueillis quelques jours chez eux à Te Kuiti.     

Et là, honnêtement, aucune excursion touristique ne peut t’offrir un truc pareil : Tom fait le boulot le plus noble qui soit dans ce pays : il tond les moutons !!! Il faut voir le travail d’équipe, c’est impressionnant : tout est programmé, minuté, orchestré. Une véritable chorégraphie !!!     

Des centaines de moutons tondus par jours !!! Le fermier qui apporte les moutons dans l’enclos, à côté 4 tondeurs professionnelles qui mettent environ une minute à te tondre un mouton !!!  Deux femmes à leurs côtés qui, avec leur raclette, récupèrent en permanence la laine qui tombe sur le parquet. Elles l’acheminent alors vers un dernier type qui ramasse la laine et la bourre dans une vieille machine à former des « bottes de laine ».     

Le tout en musique, avec SOAD s’il vous plait, histoire de se donner du cœur à l’ouvrage.     

http://www.youtube.com/watch?v=sUiJlPGeyjQ    

     

 

Tom en pleine tonte, tee-shirt Tui (bière Néo-zélandaise):     

      

Le truc c’est que Tom, ne fait pas que tondre les moutons. Il a aussi une ferme et 6 chiens (2 chiens de berger, 3 chiens de chasse, et 1 dernier pour la maison). Et franchement voir un mec qui dirige son chien à plus de 200m pour ramener les moutons c’est assez classieux à voir !!!     

Je l’ai aussi accompagné à la chasse au sanglier!! Bon je vous avoue que j’étais pas trop chaud pour tuer du sanglier et je suis bien content qu’on soit rentré broucouille. Mais au-delà de ça, passer une journée dans le bush à tracker le sanglier c’est une expérience incroyable !!! Tu te ballades en quad une bière à la main dans le bush. Lorsque tu repères des traces de sanglier, tu prends t’es jambes et, accompagnés des chiens (Tui & Fly), tu pistes le sanglier. Dès que les chiens ont repéré la bête, faut rattraper tout ce beau monde et là c’est un peu la guerre : tu cours comme un dératé dans le bush, tu te casses la gueule, tu prends des branches des racines pour tenter de suivre un Tom survolté à l’idée de capturé un sanglier. Truc de ouf !!! Je parle même pas du dénivelé dans un cadre hyper vallonné.     

Au final tu perds les chiens qui, jeunes et inexpérimentés, suivent le sanglier sur 4km. Heureusement ils ont un collier GPS qui te permet de suivre leur déplacement. Tu passes alors la moitié de la journée à sillonner le bush pour les récupérer… Une fois les chiens à tes côtés tu retournes sur un autre spot, et c’est reparti !!! Cette fois les chiens ne se contentent pas de poursuivre le sanglier, ils l’ont chopé (truc à pas faire, mais ils sont jeunes, ils apprendront à leur dépend qu’il faut maintenir le sanglier sous pression en aboyant et ne surtout pas lui sauter dessus). La bataille fait rage dans le bas de la vallée !!! Nous dévalons le bush comme des cinglés. Tom me mets rapidement 50m dans la vue !!! Je tiens pas trop à me péter une cheville.  Lorsque les chiens entendent Tom arriver, ils accourent vers lui. Nouvelle erreur de jeunesse, le sanglier prend la fuite. Au final pas de sanglier et Fly a pris cher dans le combat. Elle est ouverte sous la gueule et une vilaine entaille nous laisse entrevoir l’os de son épaule… On rentre tous, exténués.  Fly meurtrie se repose sur mes genoux. Heureusement pour elle, Shaïna, tout comme Fanny, est infirmière. Elle aura donc droit à ses points de suture en rentrant…     

Bon pour finir, je voudrais aussi remercier Christophe, Lulu et leurs enfants (Mat & Enéa) pour l’accueil qu’ils nous ont fait à Auckland. C’était vraiment super sympa !!     

Enéa:     

      

Mattéo:     

      

Tof est en fait un pote de DEA d’Ethologie qui bosse actuellement en NZ sur le Kookaburra et le Fantail notamment. Sa passion, les oiseaux, vous l’aurez compris !!!     

D’ailleurs, voici une petite vidéo du cri très caractéristique du Kookaburra:     

http://video.google.com/videoplay?docid=3808304573841392701#     

La première fois que je l’ai entendu en Australie, j’ai cru que c’était un singe… En effet, ces beaux kingfishers étaient un peu été quotidiennement notre réveil matin lorsque j’étais avec Marie, Raph & Simon…     

Bon sinon, je ne pouvais omettre le fameux Haka Maori que vous avez tous vu lors des débuts de rencontres de l’équipe nationale de rugby de la NZ.     

Nettement plus impressionnant, voici le Haka par Enéa & Mattéo :

http://www.youtube.com/watch?v=1JV224OxOb8    

     

Au moment où nous étions en NZ, des pluies diluviennes se sont abattues dans le sud ouest de l’île. Des inondations comme il n’y en avait pas eu depuis plus de 10 ans !!!    

    

Je crois que j’ai la cote avec mère Nature en ce moment. J’avais déjà eu le droit au cyclone à Perth, manquerait plus qu’un volcan entre en éruption en Islande le mois prochain…     

Ah oui au fait, vous connaissez tous mon affection pour les bêtes. Après les fourmis, Baka, et j’en passe, je me suis maintenant épris d’affection pour une brebis (originale me direz vous dans le royaume des moutons : 60 millions de moutons pour 3 millions d’habitants).     

Elle s’appelle Marge, et pour l’appeler il faut faire le mouton : « Maaaaaaaaaaaaarge » !!! Normal quoi…     

Le truc c’est qu’on est devenu inséparable, du coup Marge m’a accompagné tout au long de la NZ et continuera à présent avec moi…     

Marge au Milford Track :    

     

Marge au bar :   

    

Marge au billard :  

  

Marge fait le tour des caves à vin :     

   

Marge au Tongariro Track :     

   

Et enfin Marge Superstar en concert à guichet fermé!!!: 

  

La suite des aventures de Marge au prochaine épisode…

L’Islande ça devrait lui plaire!!!

See u les gens

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Freycinet et Tasman peninsula

L’Overland derriere nous, petit passage par Hobart pour reprendre des forces a base de Fish & Chips avant d’attaquer de nouveaux treks sur la cote Est de l’ile.

Cette partie de l’ile s’apparente plus a la Mediterannee. Des grandes plages de sables fins et un climat nettement plus chaud et ensoleille, de quoi reprendre quelques couleurs!!!

Petites videos au cours du Freycinet track et vues sur Wineglass bay, soit disant l’une des plus belles baies au monde (classee au patrimoine mondiale de l’Unesco).

http://www.youtube.com/watch?v=TueflXJ7NcQ

http://www.youtube.com/watch?v=P143n91M5kQ

 

On peut aussi randonner au bord de superbes falaises au niveau de Tasman Peninsula (genre les plus hautes falaises de l’hemisphere sud!!!):

Du coup les treks de la cote ouest sont vraiment chouettes a faire , mais restent quand meme moins exaltants que l’Overland track…

Bon je resume, il est vrai, assez rapidement ces 2 dernieres semaines de treks, mais bon je peux pas toujours en ecrire des tonnes… Puis bon j’ai pas non plus envie de vous degouter, vous qui etes au boulot…lol

Apres sinon je vous montre des photos de Fanny et moi en train de nous baigner ou de prendre notre ptit dej sur des plages paradisiaques… Non franchement, je veux pas vous infliger ca!!! C’est plus sympa de vous montrer des videos ou on en chie, histoire que vous ayez le sentiment que vous etes bien la ou vous etes, non??!!!

Enfin wala, la tasmanie c’est vraiment une region que je vous recommande!! Par contre, ne venez pas pour y voir le Diable de Tasmanie!!! J’ai comme l’impression que tout comme le Tigre de Tasmanie, il n’est plus a present qu’une legende vivante…

Je ne pouvais cloturer ce mois en Tasmanie sans avoir une pensee pour Jean-Marc et mon pote Damien qui nous ont recemment quittes.

Cette photo, clin d’oeil a  Arno Rafael Minkkinen, vous est dediee…

 
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L’Overland Track

Alors nous voici a l’Overland Track !!! Comme je l’ai déjà dit l’Overland est le trek le plus célèbre de Tasmanie. Une longue marche d’environ 80 km que l’on effectue généralement en 5-6 jours. Ce trek comporte aussi des « side tracks » dont l’ascension du plus haut sommet de Tasmanie, le Mont Ossa. Chaque journée de marche s’achève par un arrêt dans un campsite ou les randonneurs passent la nuit soit en tente soit dans un  refuge plus ou moins bien aménagé (« hut »). Chaque jour on parcours entre 10 et 25km, c’est selon la motiv et la difficulté de l’étape…

C’est drôle parce que les centres d’information et les sites internet font un peu une surenchère sur la condition physique et l’équipement requis pour faire l’Overland. Mais franchement, faut être honnête, l’Overland est accessible a tous (je pense a mes anciennes coloc la, lol !!). On prend son temps et on passe une agréable semaine de rando surtout au printemps et en été.

Ok il y a un ou deux passages un peu physique (genre le Mont Ossa) mais globalement ce trek est vraiment super sympa a faire.

Le bonheur c’est qu’on évolue perpétuellement dans un cadre magnifique !!! Des montagnes alpines, aux forets humides (genre Brocéliande parfois, si si je vous jure) en passant par des tourbières, un vrai régal !!! En plus, l’automne pare la végétation de superbes couleurs, du bonheur a tartiner…

On croise aussi forcement des walabies, des possums (ils viennent le soir près des campsites pour piller la bouffe des randonneurs), et aussi parfois des wombats et autres echidnas !!!

Bon après on a fait l’Overland en avril et on a eu une semaine particulièrement pourrie comme vous allez le voir !! Sur 6 jours, on a eu qu’une journée ou il n’a pas plu et encore c’était le jour de l’ascension du mont Ossa ou une véritable purée de pois nous attendait au sommet…

On a même eu de journées ou il a plu non-stop. En gros, une semaine dans la boue, trempes jusqu’aux os, a devoir traverser des ruisseaux en crue ou a tenter d’éviter de se casser la gueule sur des racines glissantes !!! Du coup, notre semaine d’Overland au lieu d’être une promenade de sante, comme elle doit habituellement l’être en été, c’est un peu transformée en un Fort Boyard, un Koh-Lanta, pour ne pas dire une opération militaire!!!

http://www.youtube.com/watch?v=Jwjh5bM4v-0

http://www.youtube.com/watch?v=F0qkUW28rqQ

On pourrait même dire qu’on a frôlé le Fear Factor puisque certains coins du trek étaient littéralement infestes de sangsues !! A chaque fois que fanny baissait son cul pour aller pisser, elle revenait avec ces belles ventouses sur ces fringues. Bon par contre, je ne sais comment elle a fait , mais contrairement a moi elle n’a pas eu de saignée… Pour ma part 3 prélèvements sanguins !!! Ca pisse bien le sang une fois que le vampire a été ôté mais ca reste moins vicelar que les tiques quand meme…

 Franchement moi qui adore marcher sous la pluie j’ai été servi !!! J’ai du prendre sur la gueule en 5 jours l’équivalent de ce qu’il tombe en un an sur Paris !!! Le kiff ultime…

Apres ce que je regrette vraiment c’est de ne pas avoir pu profiter d’un super paysage… Un ciel super bas, une visibilité inferieure a 20m par moment sur les hauteurs et en bordures des lacs…

Du coup la lumière pourrie, la grisaille ambiante et la pluie incessante m’ont découragé a sortir mon appareil photos.

A chaque fois il faut poser le sac qui fait 20kg, enlever la cape de pluie, sortir l’appareil, faire des photos minables, essuyer l’appareil dont t’as l’impression au bout de 2 minutes qu’il est tombe dans la rivière, ranger l’appareil, remettre la cape de pluie, remettre le sac a dos.

Relou le photo-reportage dans ces conditions…

Donc tant pis pour vous, je n’aurai que très peu de photos de ce trek mémorablement humide et boueux, désolé….

Premier jour de trek avec Chloe & William, 2 francais rencontres a l’auberge de jeunesse de Devenport. Le temps est deja au beau fixe…

 

Au cours de l’ascension du Mt Ossa:

 

Fergusson & D’Alton Falls:

Percee lumineuse matinale…

Histoire de changer des pates et des barres de cereales…

Une Fannette troublee:

 

 

Par contre, l’absence de paysages photogéniques m’a incite a poser mon objectif sur ce qu’il y avait sous mes pieds. Voici donc en cadeau une série de cliches automnaux qu’une herbe folle devrait apprécier…

 

 

 

 

Bon bah wala pour ce qui est de l’Overland Track. C’est un peu bateau ce que je vais dire mais c’est le genre de truc qui se vit plus qu’il ne se raconte… Donc si certains sont partant pour le faire avec moi, je me suis promi de me le retaper un jour au printemps…

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Tasmanie

Apres avoir quitte Perth ou Anne-Sophie et Xavier (des amis de Raph & Marie) m’ont gentiment accueilli durant ma dernière semaine dans le sud-ouest australien, j’ai transite brièvement par Melbourne ou ma frangine Fanny m’a rejoint pour découvrir avec moi la Tasmanie.

Wouahh elle est pas belle la Fanette!!??

Petit résumé donc d’un mois sur l’ile du diable…

A peine arrives a Devenport, on apprend que le réseau de bus est extrêmement limite entre les villes. Il faut donc rapidement oublier l’idée de pouvoir se rendre en pleine nature via ce mode de transport. Comme on a décidé de ne pas louer de voiture, ca sera donc le stop.

Heureusement, il s’avère que les ‘Tassies’ sont extrêmement gentils et ne rechignent pas a s’arrêter pour prendre les ‘backpackers’ que nous sommes…

Sur le nombre de fois que l’on a fait du stop, on a au maximum attendu 20 minutes avant d’être pris!! Vu le faible trafic qu’il y a sur cette ile autant dire que la probabilité pour qu’une voiture s’arrête prendre un auto-stoppeur est hautement significative!!!

Une chose qui est appréciable dans le stop, c’est que les gens qui s’arrêtent sont généralement des gens sympas (hormis, bien sur, les pervers sexuels qui s’arrêtent prendre la pauvre auto-stoppeuse solitaire). Bah ouais le con de base, lui, ne s’arrête pas. Par conséquent tu te retrouves bien souvent avec un pilote avec qui il fait bon taper la discute.

Mais la ou les Tassies sont forts, c’est qu’ils sont intrinsèquement généreux!!

Du coup ils ne se contentent pas de te déposer à l’ endroit que t’avais griffonne sur ton pauvre carton, ils t’offrent la visite touristique et parfois même le logement, si si!!!

On a ainsi eu le droit:

Aux mecs qui découvrent le pays et qui du coup t’emmènent avec eux dans tous les lieux qu’ils vont visiter (1er jour).

Au vieux papy, qui n’hésite pas a faire un détour de 60km (120km aller-retour quand même) pour te déposer la ou tu n’aurais jamais ose lui demander d’aller tellement ca fait loin!! Ce même papy qui en plus, au bout de 20km, s’arrête sur le bas cote et te propose de conduire sa voiture parce qu’il est trop fier de te faire tester son moteur V6 qui tourne a la fois au gaz et a l’essence!!! (2e jour).

A la p’tite dame hyper dynamique et son Rotweiler qui en profite pour te faire découvrir les sites touristiques de la région (3 jour).

Et enfin, cerise sur le gâteau, la famille Fletcher (coucou Alison, Scott et les enfants!!!) qui t’emmène boire l’apéro chez leurs amis (coucou Marcus & Alison) et qui pour finir te propose, en toute confiance, de passer la nuit dans leur maison de vacances avec vue sur la mer!!! Ils sont pas incroyables ces Tassies franchement???

Bon n’allez surtout pas croire que c’était le grand luxe comme ca tous les soirs!! A part cette nuit chez les Fletcher et quelques autres passées en auberge de jeunesse sur Hobart et Devenport, notre  mois en Tasmanie s’est essentiellement resume a du camping sauvage et a des toilettes (ou non) a l’eau froide!!!

En effet, la Tasmanie est une ile d’environ 300 km d’ouest en est et de 350km du nord au sud avec 500 000 habitants concentrés pour la moitié sur Hobart.

Autant dire qu’on avoisine 5 hab/km2 et que bon nombre de régions et de forets sont pratiquement dénuées de vie humaine…

Du coup a pied et avec 20kg sur le dos, il faut avoir recours aux bonnes vieilles méthodes lorsqu’on crapahute en pleine foret et que la ville la plus proche (enfin les 3 maisons!!!) est a plus de 100km…

Vous qui avez un lit douillet ou dormir chaque soir, qui tirez la chasse d’eau avec de l’eau potable, qui prenez votre douche sans appréhender de vous mettre dessous puisque l’eau est chaude, oui vous!!

Et bah je vous plains!! (Non en fait je vous ai envie a de nombreuses reprises depuis un mois, lol).

Non sérieusement, je vous jure que ca fait un bien immense d’abandonner son ptit confort quotidien pour se retrouver en pleine nature, loin des gens, du matérialisme et de cette société de consommation.

Ok ok ca fait genre je me la raconte de parler comme ca, mais franchement on devrait faire ca plus souvent.

Putain je parle, je parle mais au final je vous raconte pas grand-chose !!!

Alors je vais essayer de vous mettre en situation, de vous faire vivre ces 4 semaines en Tasmanie.

En arrivant a Devenport avec Fanny, on voulait attaquer directement par l’Overland Track. Le problème c’est qu’uniquement 36 personnes peuvent chaque jour débuter ce trek mythique de 80km dans le nord ouest de la Tasmanie. N’ayant pas réservé, on a donc passe notre première semaine a randonner dans la foret de Tarkine, une foret magnifique au bord de la cote nord ouest de l’ile. Pour nous rendre dans cette région tres mal desservie puisqu’encore tres sauvage, nous avons donc fait du stop et rencontres les gentils Tassies mentionnes plus haut.

Vous l’aurez donc compris, ici aucun camping et aucun magasin a des dizaines de kms a la ronde.

La solution: avoir une autonomie d’une semaine sans être chargé comme une mule (quoi que…).  Alors pour un emmagasiner un maximum d’énergie avec un minimum de poids, l’option a été la suivante :

Des céréales le matin au p’tit dej + du thé.

Des barres de céréales, des graines et fruits secs pour la journée.

Du riz et des pates accompagnés de thon en conserve pour le soir.

Pour l’eau, les rivières ne manquent pas ici en Tasmanie. C’est dingue, il y en a partout !! Des ruisseaux, des lacs, des marres… Poissonneuses en plus !! Ca, plus la mer, le paradis pour un pêcheur !!!

Bref, je m’égare encore… Tout ca pour dire qu’on n’a bu que l’eau des rivières. Par mesure de sécurité, on la faisait toujours bouillir avant de la boire ou alors on la traitait à la Micropur.

Voila pour la bouffe. Pas tres varies mais bon porter plus de 20kg devient vite tres fatiguant après 5-6h de marche…Et la je parle même pas quand il y a du dénivelé !!!

J’ai bien essayé de pêcher dans de somptueuses rivières à truites pour agrementer nos repas en proteines. Le problème est que  je n’avais que des branches en guise de canne (bonjour le fil humide qui colle) et puis surtout le fait est que les appâts naturels se font très rares ici en Automne … Donc quand on passe plus de temps a chercher des appâts qu’a pêcher, on ressent comme une profonde frustration qu’il est vain de cultiver…

Niveau logement, le camping sauvage est interdit ici.

Mais tout comme en France, ces cons te foutent un camping tous les 100 bornes. Tu fais comment quand t’es à pied ?? Tu dors pas pendant 5 jours ?? Si c’est pas une incitation a louer des bagnoles ca, pffffffff

Du coup, pour notre plus grand plaisir, on a bien souvent été contraint de camper en pleine foret, en bord de rivières, ou encore dans les dunes sauvages de la cote ouest…

C’était trop le pied !!!

reveil dans Tarkine Forest

Petit coin en pleine  foret, pour une nuit bien humide!!!

 

Campement dans les dunes, du cote de Couta Rocks…

On kiffe tellement ca qu’il nous est même arrive de faire du camping sauvage a proximité d’un camping. Bon la ok, c’est ptet le cote rapia du français qui parle un peu. Mais bon, pourquoi payer 30 dollars (20 euros) pour un emplacement pourri ou tu te tapes des relous quand tu peux gratuitement jouir d’un cadre magnifique et paisible ??

Le pire c’est que bon nombre de camping ici n’offre même pas de douche ou alors froide. Autant aller se laver dans les rivières…

C’est ce qu’on a fait, et franchement en pleine foret a 10h du mat et bah ca revigore un truc de ouf !!! toilette matinale

En plus, t’as le privilège de montrer ton cul aux wallabies et aux oiseaux !! Si c’est pas le bonheur ca ??

 

(C’est pas a l’endroit c’est normal. C’est pas mal comme ca non? Non? Bah tant pis…)

Bon du coup, cette première semaine dans nord ouest de la Tasmanie s’est avéré être une bonne préparation pour l’Overland Track. Fanny s’est faite ses bonnes ampoules aux pieds et l’on s’est tous deux fortifies le dos et les jambes…

Ceci nous a aussi permis de découvrir une région de l’ile magnifique et encore assez méconnue. Des forets humides d’eucalyptus, une cote sauvage qui ressemble a s’y méprendre a la Bretagne. Un climat et des reliefs dignes de la Normandie, des vaches dans les champs… Franchement, je crois que si j’aime autant la Tasmanie c’est qu’elle ressemble véritablement à la Normandie et à la Bretagne, avec des walabies, des possums et des eucalyptus en plus !!!

Bémol cependant, et non des moindres : la déforestation, un massacre réalisé en catimini que nous avons pu observer quotidiennement dans Tarkine Forest.

Pour la seule exploitation des eucalyptus, des hectares de forets humides s’envolent ici en une fumée épaisse et noirâtre…

 Au final, au cours de cette semaine de the Nuts a Montagu en passant par la région de Tarkine nous avons écumé pas mal de routes, de sentiers (Balfour track) et des km de sable sur la cote sauvage (de Couta Rocks a Marrawah). Et des images plein la tete…

 Au pied de The Nut:

The Nut et ses telesieges. The Nut etant un bloc rocheux au nord de la Tasmanie. L’ascension est raide alors une parade a ete trouvee pour ceux qui ne se sentent pas de marcher pour jouir du panorama.

Des telesieges a la mer, c’est rigolo non? Non? Bon bah tant pis…

 

Coucher de soleil sur Montagu

 

Bois flottes sur les plages d’Arthur River

Et toujours cette deforestation en trame de fond…

Deferlantes sur Couta Rocks:

Eucalyptus en bordure de Tarkine Forest:

Necrologie bestiale…

 Apres plus de 100km a marcher sous le cagnard et a respirer les effluves d’eucalyptus et d’air marin, nous étions fin prêts pour affronter l’Overland Track…

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